J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you" Je mange : light Je bois : du whisky-coca as usual.... Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton Je pense : a la personne que je devrais etre Je rêve : a la personne que je devrais devenir (mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)
Dans la serie , mes grandes resolutions de la soirée, j'ai decidé de m'eloigner un peu de GA.
Je continuerais d'ecrire car c'est pour moi un des seuls moyens de garder un tant soit peu de contact avec la réalité dans mon monde de faux-semblants...
Mais je ne veux plus vivre ma vie a travers celle des autres , les lire a longueur de post m'etaler leur way of life qui me semble tellement moins inappropriate que la mienne.
Pourtant j'aime les lire, ils ont tellement remplis mon quotidien.
Pheel pour ton coté completement decalé dans ce que tu ecris mais dont je devine tant de choses ( maybe im wrong?) et dont je n'arrive meme pas a decire l'importance dans mon quotidien meme si je ne te connais pas , mais le peu d'echange qu'on a eu m'a permis de grandir et d'essayer d'avancer.
Alexander-Beetle parce que sous cette nouvelle frange epaisse se cache le coeur le plus pur que j'ai rencontré depuis longtemps... et que je ne saurais jamais assez comment te dire ce que je ressens pour un garcon si jeune qui a l'ame d'un millenaire.
Badass qui partage tant avec moi et dont j'admire la droiture dans l'adversite alors que je ne fais que geindre. Merci de me redonner courage alors que tout s'ecroule.
Maxouuu qui a eu le courage qui me manque de plaquer ce pays de merde pour tenter sa chance ailleurs. Keep pushin on...
La Potiche pour son hysterie militante. Plus de gloss et de talons You go Girl!
Etasseureuh pour ses dessins que je devore et que j'admire (et pour son sourire si craquant).
Lefaune pour tout ce qu'il post , je voudrais juste connaitre des gens comme ca en vrai car il semble tellement crazy et tellement wise en meme temps
LaLimonadeBleue pour la finesse de ses blessures et son don de me faire verser ma larme a chaque fois qu'il va mal. Juste merci a toi pour ta sensibilité.
Syldemon qui a toujours su me glisser un petit mot gentil quand j'allait mal
Et meme Lemarquis que j'ai jeté un nombre incalculable de fois alors qu'il essayait juste d'etre gentil avec moi ( desolé je ne suis pas equipé pour ca...)
je vais essayer de me sevrer de GA , et je passerais sans doute en anonyme , postant au milieu de la nuit pour etre sur de ne croiser personne. Dieu sait que chaque matin mon petit bonheur est de vous lire et de me dire que les gens biens existent encore.
Mais j'ai besoin de me liberer un peu de tout ca et essayer d'avancer , de me reconstruire. Je ne veux plus passer mes soirées devant GA alors que je devrais vivre ,quitte a en souffrir mais pour de vraies raisons.
J'ai envie de passions et de dommages collateraux. De me reconnaitre , de retrouver mes racines et aussi un peu de croire en quelque chose de Superieur , de me dire qu'on ne peux pas etre seul dans cet ocean de merde.
Ce n'est pas un adieu mais juste un "See you soon"
Comme le chante Mariah (et Dieu sait que ca exaspere 99% des gens !) : "We belong together..." Et ca j'y crois.
Merci vous tous.
Apres une journée de plus a pleurer pour le moindre nuage , a m'arreter devant le metro et a faire demi tour pour rentrer me planquer dans la chaleur de mon appartement refuge , j'ai pris une grande decision concernant me, myself and I.
Ca ne sert a rien de jouer les fortes tetes , a celui qui est plus malin et plus fort que la depression qui me tourmente depuis si longtemps.
J'ai fait une belle connerie , pleine de pretention , de me croire plus fort que la maladie qui me ronge chaque jour un peu plus et qui m'empeche d'avancer dans la vie.
Je vais donc retourner chez le medecin au plus tot et reprendre les antidepresseurs car je n'en peux plus.
Je ne supporte ni mon etat quasi permanent de rollercoaster ni mes larmes qui inodent chaque jour un peu plus mes joues distendues par les crises de boulimies.
J'ai envie d'avoir envie de nouveau et de ne plus me trainer comme une merde chaque jour que Dieu fait.
Mon actrice m'a recommandé une psy qui a l'air geniale et je vais faire un saut chez elle des que possible.
Je ne considere pas ca comme un echec mais plutot comme un succes de reconnaitre ma propre faiblesse et d'accepter de l'aide.
On verra bien ce que ca va donner, je n'ai rien a perdre de toute facon , je me suis deja perdu en chemin...
Je me dis parfois qu'a force d'etre paralysé par mes emotions et mon inner turmoil je vais finir par exploser comme une vitrine de verre sous un coup de marteau.
Je passe mes jours et mes nuits a fumer et a attendre , ou plutot a ne plus rien attendre. Je devrais etre combattif et relever les manches pour conquerir le monde. Je devrais me gifler.
Je n'y arrive plus. Depuis que j ai fini ma desintox , toutes mes forces ont quitté mon corps en meme temps que les dernieres traces d'antidepresseurs ,calmants , anti-douleurs et autres somniferes.
Et je me retrouve comme une chiffe molle , a fumer sans discontinuer , a m'empiffrer, a boire : ne jamais laisser ma bouche tranquille pour l'empecher de hurler sur ma douleur interieure.
Je sais pourtant que je ne devrais pas me plaindre et que je devrais etre heureux d'etre la et en vie et plutot privilegié.
Mais mon ame ne se satisfait pas de tout ca, l'enfant gaté ne veux pas se taire meme avec les meilleurs arguments de ma raison.
Il s'accroche tant bien que mal pour que je ne l'enterre pas sous le poids de la maturité, il resiste et il geint.
Et moi je me traine.
Je n'en peux plus de converser avec mon clavier et d'etre aussi pathetique dans le miroir.
Parfois certaines images sont plus fortes que nous , plus fortes que ces mots dont on essaie d'accoucher laborieusement, dans la douleur. Ils semblent plus juste dans d'autres bouches , sur de la pellicule où tout semble evident , où ne subsiste pas la maladresse infantile dont nous pouvons faire preuve parfois.
Où pour une fois le silence si lourd nous est necessaire, pour les laisser nous sauver, pour reveler ces maux qui nous brulent les levres, pour voire retranscris en quelques images et quelques bruit le tumulte de notre coeur et les flammes de l'ame.
Dans ces moments , on se sent seul face ces instants gravés dans la pellicule et on se demande comment ils ont fait pour nous connaitre aussi bien , aussi intimement.
Ils montrent sans pudeur ce que nous reverions d'offrir a quelqu'un. Par un regard , un mouvement de tete , une phrase juste de sens et de poesie alors que nous ne sommes que bavardages et futilités.
Moi je ne peux que temoigner de ces heures d'images ancrées dans ma memoire et qui sont ce que je suis , par justesse, par sincerité meme si tout est joué.
Apres une nuit passée a faire le physio pour donner un coup de main a des amis en club , je me suis retrouvé vers 7 h du matin a chercher my way home.
Je regardais la vie peniblement reprendre son cours , les clubbers degueuler leurs tripes dans le caniveau , les touristes faire leur joggings et les eboueurs pousser nonchalement leurs balais.
Je levais les yeux au ciel pour admirer les dorures de l'Opera , le bleu glacier venant lecher les courbes neoclassiques. J'adaptais mes retines a toutes ces perspectives que j'avaient perdues a detailler les apprentis fetards avant de les laisser entrer dans le club.
Puis remonter vers le sacré coeur nappé de brumes violines , les pieds douloureux dans mes baskets mordorées me rappelaient que j'etais bien present dans ce corps.
A la maison , les oreilles bourdonnantes , je me suis denudé , servi une dernier whisky coca pour boucler la boucle et je me suis appuyé a la fenetre embuée , posant mon front sur le double vitrage pour detailler la facade voisine dont les glycines s'eclairaient doucement.
Janet Jackson murmurait sur la platine et mes epaules me tiraillaient. Une derniere cigarette qui me brulait la langue et je me suis decidé a abandonner la partie pour aller me caler dans mes draps.
Apres le diner familial , moins chiant qu'a l'accoutumé, je me suis retrouvé embarqué par mon actrice vers une boite que je pensais en decrepitude : Le Bus Palladium.
Je frolais deja la crise d'urticaire en imaginant le laché de connes en lycra et je n'ai pas été deçu du voyage.
Je pensais a Pheel et a Maxouuu et a l'air depité qu'ils auraient eu quand j'ai decouvert la faune vaguement branchée qui venait assister au concert d'electro qui avait lieu. Je les imaginait en train de renverser des sceaux a champagnes sur les pauvresses en total look Mango qui se la jouaient underground chicalors qu'on sentait tellement qu'elle ne faisaient pas la difference entre Franz Ferdinand et Ozone.
Du sous White Stripes matiné de Blondie à la sauce Fischerspooner, on s'emmerdait sec.
On etait tellement loin de la créativité de Vive la Fete ou de la poesie de Zoot Woman que le seul interet qu'on trouvait en sirotant nos cocktails residaient dans la bassiste enceinte jusqu'aux dents qui donnait le maximum de son art alors qu'on priais secretement qu'elle ne perde pas les eaux sur nos fringues de créateurs.
A ce moment j'ai pensé a Pheel et son mix a la Mort aux Jeunes , et a Maxouuu et son nouveau date , et j'ai souris dans le vide.
Mon actrice m' a alors aggripé le visage et y a deposé un tendre baiser et nous nous sommes enfuis pour rejoindre un club pourri où nous pouvions danser sur un mauvais remix de Madonna ; cheap peut etre , mais tellement kiffant...
Je me sens toujours weird quand ma genitrice doit envahir mon espace perso.
Pas envie de se justifier , de s'expliquer sur le pourquoi-comment de ma carriere , de cacher mes kilos superflus qui sont toujours cause de moqueries et de reproches.
Je prefererais avoir quatre ans et dessiner paisiblement sur le tapis du salon familial , a regarder les fleurs pousser dans le jardin et m'endormir sur ses genoux en sucant mon pouce.
Mais la avoir des conversations d'adulte avec elle , la reconforter alors que je suis en ruine , ne pas aborder de sujets qui fachent , ne pas l'inquieter pour ne pas avoir son angoisse a gerer : ca ne va pas etre facile.
C'est dans ces moments la que je voudrais avoir le courage de fuir a l'etranger , pour ne les revoir que tous les six mois et vraiment les apprecier.
Mais LA me semble encore inaccessible , pas de reponses meme negative , le flou artistique.
J'entends son pas dans l'escalier , je reconnaitrais le bruit de ses Louboutin entre mille.
Voila l'objet du delit , voila comment quelques secondes d'images ont a tout jamais balayé mes idées du couple et ont profondement marqué mon inconscient.
Depuis je reve toujours secretement de cette plage et de ce bruit de vagues...
Tellement las de moi meme , je n'arrive plus a me coucher.
Pas envie de se retrouver une fois de plus enfermé dans ma tete avec ce flot de pensées incoherentes , lorsque le silence a envahi mon joli appartement.
On aurait du m'apprendre que la vie n'etait pas un clip video meme si souvent ca y ressemble.
Ca ne tient pas en 4:30 mn , avec un joli eclairage pour camoufler les disgraces et une bande son pour illustrer le propos.
Mon actrice m'a dit tout l'heure que je comptais pour elle et ca m'a cicatrisé l'ame. Je me suis senti tellement bien dans ses bras , ses grands yeux translucides qui me mettaient a nu , le contact de nos levres pour nous quitter.
Et cette nuit je suis plutot ambiance "Crybaby" avec les crises de boulimie, l'alcool pour compagnon et les antidouleurs pour descendre.
Oui c'est une rechute mais ca ira mieux demain.
Une cigarette apres l'autre , je laisse s'eteindre les heures et observe la bataille de la vie en mon sein. Je me dis que la vie est courte et que je risque de la perdre sans meme en avoir gouté les fruits.
Ces douleurs sourdes dans ma poitrine m'inquietent un peu , esperant ne pas suivre la grande tradition familiale de l'infarctus avant 35 ans.
Cet organe si etrange et mysterieux qui a son fonctionnement propre sans meme penser a me demander mon opinion.
Je me rappelle ces nuits où doucement il cessait son office , lentement , les pulsions ralentissaient , les alveaoles ne s'ouvraient plus et cette impression d'etre sous l'eau , les buits etouffés , la chaleur rassurante , transition du passage.
Puis l'impulsion , l'instinct de survie qui poussait a tenter un dernier souffle liberateur qui faisait repartir la machine. L'air expulsé comme un cri de nouveau né , puis les battements rapide comme dans les films muets quand le heros devait accelerer la cadence pour rattraper son retard.
J'espere un autre jour , meme noir ; apres tout seul le destin decidera de ma nuit.
Seulement sentir de nouveau ce coeur battre de la belle facon , pour quelqu'un et pas uniquement pour alimenter la machine.
Dans les rues grises , le pas malhabile , j'ai trainé ma carcasse lourdement , sans energie et sans lumiere; je regardais le bitume s'allonger et laissait le vent carresser mes machoires. Emilie Simon comme compagne , je deambulais , histoire de ne pas rester sur moi meme.
Je ne voulais pas croiser leur regards , ne pas les laisser avoir une prise sur moi, peur de craquer sous leurs retines insolentes.
Puis j'ai levé la tete sur cette boutique en travaux et j'y ai vu mon reflet.
J'ai revu l'ado que j'etais , avec mon jean sans forme et ce vieux pull en cashmere cache misere dont le col V detendu laissait deviner mon epaule. J'ai rememoré mes années vides de sens et de souffrances ,les années lycée , où la vie semblait plutot normal , où j'etais un parmi les autres.
Puis en me rapprochant de la vitrine blanchie ,j'ai vu que l'ado n'etait qu'une chimere , que les sillons qui s'entrelacaient autour de mes paupieres n'etaient pas du au mauvais etat de la vitrine. Mais c'etait celui que je suis , le même , en plus mature peut etre , en plus desabusé surement.
Puis j'ai regardé mes mains , scrutant les lignes discontinues de mes paumes et je ne reconnaissais plus ce paysage si familier. De nouvelles rigoles avaient pris leurs marques comme autant de stigmates de mes nuits insomniaques.
Je me rappelais alors le tranchant de la lame quand je voulais y apporter un peu de couleur, ces empreintes digitales dont j'avais lentement suivi le contour pour impregner un peu de mon libre arbitre dans ces bannieres du destin.
Puis une petite fille se figea a mes cotés , de longues tresses brunes semi-defaites sur son petit manteau , et planta ses yeux verts d'eau dans la vitrine , me sondant d'un air interrogateur.
Instant suspendu dans l'air , quand nous nous observions dans le verre sali.
Sa mere la rattrapa d'un main ferme pour la ramener dans son continuum et je repris la marche vers mon sanctuaire.
Pour tromper mon ennui , je suis devenu escort l'espace d'un week end.
Un bel americain de passage a Paris avait envie ou besoin de compagnie pour lui montrer la ville lumière. Je me suis paré de mes plus beaux atours , le sourire factice et la tendresse facile.
Plutot beau garcon , il ne devait pas avoir besoin de ca mais apparement il avait cette manie de tout controler , juqu'aux personnes qui l'entouraient.
Riche et puissant , il semblait sorti d'un soap de debut d'apres midi , mais il etait plutot agréable. Main dans la main dans les rues de la Rive Gauche , je l'ai accompagné dans les magasins de luxe , les cafés pseudos intellectuels. Une legere bruine , sa grand main serrant la mienne, mes eclats de rires calculés au recit de ses souvenirs. C'en etait presque romantique.
Puis les bars du Marais pour le coté "gai- paris", ses yeux scrutant la salle pour finir par se reposer sur moi car comme j'etais un employé , je ne risquais pas de le rejeter.
Pourtant ce magnat de la television americaine aurait pu ramasser n'importe quelle idiote sans problemes mais c'est moi qu'il avait acheté.
Puis nos quelques baisers plutot chastes devant le Bon Marché sous les yeux outragés des bonnes âmes , un peu plus long devant son hotel quatre etoiles.
Je ne l'ai pas rejoint a sa chambre , je n'avais pas envie de son corps , pas envie de me salir un peu plus. Et lui ne le desirait pas vraiment. S'il avait voulu une pute , il en aurait commandé une.
Ce qu'il voulait c'etait un semblant de romance , l'impression de ne pas etre seul au monde , ne serait ce que pour quelques heures.
Puis aujourd'hui , je l'ai ignoré , laissant mon téléphone sonner sans jamais repondre , le rappellant uniquement vers minuit en pretextant avoir oublié mon téléphone chez un ami et ne l'avoir recupéré que recement.
Il m'a demandé ce qu'il devait faire pour l'argent qu'il aurait du me verser le dernier jour et je lui ai repondu que je n'en avais pas besoin et qu'il devrait le donner a une association quelconque.
Son argent ne m'importait pas , j'avais juste envie de m'evader de moi ne serait ce que quelques heures , de materialiser cet ami imaginaire pour traverser Paris a ses cotés.
L'ami imaginaire a rejoint son monde et n'en sortira plus.
Dans la salle enfumée , les serveurs aux allures de mannequins Italiens virevoltaient entre les tables minuscules , parlant fort pour couvrir l agitation des clients.
Des photographes up-date negociant de gros contrats, des chanteurs a lunettes noires esperant etre reconnus, des footballeurs devorant des yeux des jolies femmes qui n'etaient pas leurs epouses, un ecrivant noircissant febrilement des liasses de papier entre deux coups de fourchettes dans son assiette d'asperges au soja, voila l'environnement de notre table.
Dans ce restaurant qui semblait ne pas payer de mine et qui etait plus proche d'un attrape touriste que de the place to be, je me retrouvé catapulté dans cet underground , ce repaire de toute la faune fashionista. Je me sentais un peu decalé, ne me trouvant pas vraiment a la hauteur de cette foule.
A ma table, une icone de la presse branchée extremement influent , a la voix stridente et aux phrases assassines , un multi-millionaire quiquagenaire avec de faux airs de Delon et une creatrice de bijoux , gothique a souhait me lancant des oeillades complices sous son epaisse frange noire. Et moi au milieu de tout ca.
Essayant de donner le change , de ne pas leur montrer que je ne me sentais pas super a l aise , que je n'avais ni leurs moyens financiers, ni leur culture.
Pourtant j'ai decouvert des gens d'une grande simplicité sous le glamour extravagant de leurs exces, et je n'ai jamais autant ri.
L'alcool aidant , je me suis moins clumsy au milieu de l'intelligentsia européenne et j'ai reussi a apprecier ce moment sans trop me deprecier.
Surtout de se sentir apprecié par l'icone qui se sent des ailes de pygmalion avec moi , et qui souhaite me prendre a ses cotés pour expulser Elisa Doolittle de mon corps.
"You just gotta be a modeling mud..."
J'etais pret a me jeter dans le vrai jeu. Le reste n'avait été que des errances et la j'allais vraiment rentrer dans l'arene. Et j'en etais heureux.
Une legere odeur de lessive se melange a celle des Marlboros et des bougies consumées.
Dehors le silence assourdissant , le noir bleuté de la nuit viole un peu les fenetres. La seule lumière provient de l'ecran de l'ordinateur et de la veilleuse de ce vieux reveil au design demodé.
Les muscles encores endoloris de la nuit dans les bras de Sunshine, quelques dossiers en attente sont traités au milieu de la nuit
Les accords de Maxence Cyrin tambourine dans le casque du Ipod, ce Unfinished Sympathy qui me renvoit dix ans en arriere. A ces trajets en RER quand je quittais ma banlieue sordide pour essayer de respirer un peu dans la capitale qui me semblait etre la terre de toutes les possibilités.
Je ferme les yeux et je revois les paysages mornes qui defilaient a grande vitesse , completement deformés ,comme une succession de traits aléatoires.
Deux appels de Los Angeles , quelques eclats de voix en ricain viennent troubler cette impression de serenité.
Toujours pas de vraies reponses concernant ce depart hypothetique, I keep on waitin.
Je retourne a ma musique , la poitrine saturée de nicotine , les yeux un peu rouges et l'odeur de la creme qui me rappelle les baisers que je deposait sur la joue de ma mere quand j'allais me coucher.
Cette odeur de creme de nuit suffisait a me reconforter en me disant qu'elle aussi allait s'endormir et ne pas me laisser seul au milieu de la nuit.
Depuis mes nuits se font seules et cette odeur tenace , si fraiche et si persistante , est la seule qui me soit fidele lors de mes voyages nocturnes.
Tous les autres n'ont été que des resquilleurs.
A bout de solitude , j ai recontacté Sunshine , lui laissant un texto sybillin qui hurlait mon envie de le voir. Ou plutot de ne etre seul une nuit de plus.
Quelques heures plus tard , il vint a la maison ; j'etais passablement emeché , il a fait semblant de ne pas voir. Nous n'avons pas parlé , pas necessaire.
Juste son corps contre le mien , cette sensation que mes terminaisons nerveuses recommencaient une activité, que mes muscles se reveillaient sous les ondulations de ses doigts.
J'avais presque oublié , mais la memoire sensorielle est plus forte. Je l'ai attiré apres sur le lit et la je l ai redecouvert , identique mais foncierement different.
Je sentais sous ces caresses les corps de ces inconnus qu il avait exploré , ses gestes etaient plus precis , plus affirmés , beaucoup plus direct.
Il avait progressé et c'etait plutot agreable.
J'aurais quand meme voulu etre le seul.
Je n'ai pas revé dans cette courte nuit et je l ai laissé partir a l'heure du dejeuner , sans le retenir ni lui promettre une prochaine nuit.
Ca fait partie du deal et je devais respecter les clauses.
Cette image que je me suis créée pour me proteger des autres et les proteger de moi , je voudrais tant la dechirer, leur offrir mon ame a nue.
Leur montrer que celui qu'ils croient connaitre n'est qu'une pure mystification.
Que la personne si forte , sur qui on peux compter pour un bon mot pour l ambiance, une epaule pour pleurer , une oreille amicale pour les petits tracas , que cette personne n'existe pas.
Que derriere cette tragi-comédie se cache quelqu un d angoissé , qui pleure en ecoutant Mariah Carey au lieu de vider du champagne dans un club ultra select , qui se pose de nombreuses questions sur le sens de la vie et sur la religion alors qu'ils m'envisagent leger et sans pensées profondes , et qui serre le vide souvent alors que tous pensent que mon lit est un hall de gare.
Je me suis pris a mon propre piege et je ne peux blamer personne.
J'espere juste avoir le courage un jour de bruler cet homme de paille pour etre celui que je suis vraiment
De cet hotel luxueux , du chic tapageur de la piscine et de l'abondance de distractions pour nouveaux riches , je ne garderais que peu de choses.
Cet moment assez rare , où dans ma suite a 1200 € la nuit , j'ai reussi l'espace d'un instant a vider mon sac d'angoisses , confortablement lové dans mes draps de cotons soyeux , un thé a la main et une cigarette aux levres . Je regardais les etendues de poudreuses qui se deroulaient sous mes fenetres , et je rechauffais mes paumes autour du recipient de porcelaine.
Et je suis resté la un bon moment , a regarder cette nature si sauvage , si grande. Ces montagnes a perte de vue, cette impression de n'etre que poussiere face a l immensité et face a la violence sourde de ces amas de roches et de ces tonnes de glace.
J'oubliais mes querelles avec mon equipe d'abrutis , ces trajets continuels dans ces trains surrannés, le telephone qui sonnait dans le vide.
Je me focalisait sur cette beauté brute , si majestueuse. Ce rempart imprenable face aux tourments de mon ame.
Quelques heures plus tard ,un peu de homard en guise de dejeuner et la cloche a sonné: la recréation etait terminée:l'heure avait sonné de quitter ce havre de paix
Dans le taxi qui nous emmenait loin de ma petite bulle , je regardais les vastes trainées de neige , enrobant la montagne comme une carresse , le blanc du ciel en echo au terrain immaculé.
Je voulais garder cette image dans mes synapses, comme antidote a mes moments de down.
Les rues desertes , dominées par un vent cinglant , ne me renvoyaient meme pas l'echo de mes pas sur le bitume.
Les rafales me fendaient la cornée , laissant echapper de lourdes larmes sur mes joues rougis de froid. Et je les laissais a leur course folle sur les traits irréguliers de mon visage.
Sous la baguette de LukeSilver, la Madonne me sussurait son American Life, rythmant ma course effreinée.
Quelques rares voitures sur le boulevard plus lointoin venaient perturber ce calme olympien par les crissements des accelerateurs et je remontait le chemin tant bien que mal.
Devant l'Hippo , je jetais un coup d'oeil furtif aux couples qui s'offraient un menu a 9,90 € au beau milieu de la nuit ; l'espace d'un instant j'aurais donné ma vie pour vivre ca.
J'ai offert une larme de plus parmi le marecage deja present. Whatever.
Sous les enseignes lumineuses des fast food , je me suis frayé un chemin dans la faune grouillante de la Place Clichy, eternellement en place comme s'ils attendaient le Messie.
Devant le vieux vendeur de cigarette , je sortis ma main violacée pour lui deposer le billet froissé , encore chaud de mon fond de poche.
Lui qui n'avait pas d'age , a force de veiller les accrocs a la nicotine, il me jeta neanmoins un regard qui semblait compatissant a travers le nuage de fumée qui s'echappait des ses levres gercées.
Je ne lui ai rien offert en retour si ce n'est qu'un poussif "merci , au revoir" en me saisissant de ma precieuse marchandise.
Et je l'ai planté la, retournant dans mon age de glace.
Lendemain de cuite , la tete lourde et la langue pateuse , j'avance dans un tunnel.
Lorsque j'ai posé la main sur mon frond , j'ai retrouvé cette petite entaille que m'avais fait J. lors de nos peregrinations alcooliques de la veille, titubants de bars en bars.
Je ne savais meme pas qu'il pouvait y avoir du monde dans le marais le lundi soir.
Mes valises sont quasiment bouclées , pleines a craquer des vetements de createurs que je vais devoir shooter cette semaine ; je me suis dit que Paris Hilton devait affronter le meme genre de situation et c'a m'a fait marrer.
La lassitude est grande pourtant ce soir , et j 'ai du mal a ecrire deux lignes et a boucler mes dossiers en retard.
Envie de dormir quelques semaines mais le vrai probleme c'est ce sentiment de vide qui m envahit , cette morosité sans faille , l'encephalogramme plat.
J'espere que les montagnes m'apporteront un peu de serenité et feront s'envoler ces idées negatives. J'ai envie de me dire que L.A. va se realiser et que je vais enfin kiffer...
Normalement les good girls ne se bourrent pas la gueule un lundi soir. Mais j emmerde les good girls.
Mais j ai feté avec J. le contrat de plusieurs dizaine de milliers d'euros que je viens de lui decrocher.
there are more important things that here you speak.
Raid , Amnesia, Palmier : parcours alcoolisé de ma night.
Et je fuck les bien pensants.
Au moins l'espace de quelques heures j'ai été humain , j ai papoté avec des lesbiennes libanaises , des pédés roumains et des heteros du 93.
Un vrai melting pot.
Dans ce maelstrom de minutes , j'ai été vivant avec tous ces gens. Et je ne regrette pas la gueule de bois qui se profile a l horizon
Anyway. Whatever the Fuck...
Kisses to Maxouuu , Pheel , Alexander-beetle et Badass...
Fragile moment où les noires humeurs disparaissent dans le syphon , où enfin j'envisage ce corps que je combat perpetuellement; j'analyse les carrefours de mes veines , ces interconnexions etranges, je parcours mes cheveux blanchissant , promene mes doigts inquisiteurs sur ces cicatrices muettes, redessine l'ovale de mon visage , lave mon âme a grande eau.
Le jet brulant rougis ma nuque et rechauffe mes epaules meutries, le parfum entetant du shampoing aux plantes exotiques marketées me monte a la tete et je bascule contre le carrelage nu pour laisser le flot cogner contre ma poitrine.
La musique diffuse parvient a mes oreilles inondées , ne laissant entrefiler que les basses dont je m'abreuve. Je poursuis , je chemine sur ces muscles douloureux de fatigue et de punitions , je reprend mon souffle et augmente la temperature pour anesthesier mes meutrissures qui ne veulent pas lacher prise.
Puis libéré des contraintes terrestres , je m'abandonne enfin completement dans cette apocalypse aquatique, groggy des vapeurs , enveloppé dans brumes bienveillantes.
Et je reste la , inerte, immobile , laissant le precieux liquide faire son office.
Je devrais pourtant me rejouir.
Etre d'heureux d'avoir été en vie une journée de plus , de sentir mes jambes fonctionner , ne pas etre relié a une machine pour respirer, avoir quelques années devant moi.
Je devrais rendre grace d'avoir ce luxe d'etre vivant et en relative bonne santé alors que tant sont ecrasés sous les drames de la vie.
Et pourtant , je chouine , je geins , je me plains. Eternel insatisfait , un vrai sale gosse de 8 ans pourri gaté.
C'est pas ca la vie, avoir quelque chose et chercher ce qu'il y a apres , ce qu'il y a de mieux , de plus brillant, de plus amusant?
Je me suis perdu en route me semble t il...
Alors la faute a qui? A mes parents qui ont les qualités de leurs defauts? A mon milieu professionnel qui me plonge dans un monde artificiel et superficiel , aux valeurs faussées et a l'ethique douteuse?
Peut etre tout simplement a moi qui n'ai jamais su faire la part des choses et prendre les jolies choses où elles etaient et en apprecier simplement le gout douceureux.
J'ai peut etre pris le train en marche ou raté ma correspondance ; en tout cas je ne suis pas ce que je devrais etre.
Je ne devrais pas sans cesse pleurer , supplier pour de l attention et de l affection.
C'est pourtant ce que je fais.
La nuit derniere , completement ivre , ondulant et gloussant avec J. sur un mauvais remix de "Sorry" , je me suis pris mon passé en plein visage.
Un garcon me bouscule et presente ses excuses bafouillantes dans la seconde suivante.
Au meme moment , je me glace et arrete mes gesticulations pour me placer bien face a lui et le devisager.
C'etait lui, c'etait l'autre. 7 ans nous separaient de notre derniere entrevue.
Il m'avait volé l'homme que j'aimais plus que ma propre vie. Sans etats d'ames , sans gene , sans vergogne. Il m'avait arraché un petit bout de ma vie comme ca , avec son sourire Colgate et ses jolis muscles.
Il l'avait bien payé par la suite, j'avais tout fait pour leur pourrir la vie quand je me suis rendu compte que j avais ete manipulé pendant plus d un an et j'y etais parfaitement bien arrivé , faisant exploser en vol leur petit couple de merde et leur faisant perdre a peu pres tout ce qu'ils avaient construit . J'ai reussi ce tour de force le tout sans qu'ils ne sachent jamais que cela venait de moi.
Et la je me retrouvais nez a nez avec lui , toujours aussi joliment lisse , meme pas une ride au compteur, un essaim de potentiels amants lui tournant autour.
Il m'a pris dans ses gros bras et m'a serré fort en me glissant a l'oreille qu'il etait heureux de me revoir.
Moi , au contraire ca ravivait mes desirs de vengeance, mon envie de lui enfoncer mes doigts dans ses grands yeux bleus ciel pour les crever.
En plus je ne ressemblais a rien , pas coiffé , pas rasé , habillé comme une savate j'avais envie de taillader les veines avec un cutter.
Et toute la nuit , il est resté avec moi , dansant , buvant et fumant la meme chose que moi , comme a l'epoque où ce couple maudit se nourrissait de moi.
Vers 6h du matin , je l'ai laissé en plan , en train de draguer un enieme mec , j'ai fait une sortie potable , ravagé mais digne , drapé dans ma tristesse, et j'ai retrouvé mon petit monde nocturne , loin de ce tumulte odieux et de ce si beau garcon qui avait fait tellement de degats dans ma cage thoracique.