De la dictature de la beauté
Je ne me suis rendu compte de l importance du physique qu'assez tard , je pense vers 14 ans.
Quand ce jeune ephebe de terminale est venu me voir avec un de ses copains , traversant la cour le pas nochalant et la meche dans l'oeil.
"Tu es tellement moche que tu devrais te cacher..."
Cette phrase est restée dans ma tete toute ces années et resonne encore douloureusement quand je dois affronter n importe quel evenement de la vie.
De ce jour la , je n ai jamais plus ete le meme.
J'ai toujours chercher a etre un autre , a m ameliorer pour coller a l image que j'aurais du renvoyer.
Premier travail
"Tes sourcils sont trop epais ca fait primate..."
Trois heures d epilation plus tard mes yeux retrouvaient une place dans mon visage.
"Tu es trop gros , tu as un mois pour perdre 10 kilos sinon on ne pourra pas te garder..."
En moins de 30 jours , a coup de privation , de vomissements , de malaises hypoglycemiques , j'avais perdu les 10 kilos incriminés.
J'avais aussi perdu l'appetit et gagné une nouvelle maladie : l'anorexie.
Puis le rythme s'est acceleré , il fallait coller a la mode , avoir la bonne coupe de cheveux differente tous les six mois, les bons accessoires qui creusaient le decouvert a la banque.
Je mendiais de l attention, je voulais qu on me trouve beau , meme si c'etait un mensonge.
J'ai toujours voulu le desir dans les yeux des autres.
J'ai pleuré pour l'avoir , j'ai failli y laisser ma peau plus d une fois.
Et je suis passé de l autre coté du miroir , de celui qui decide qui est beau et qui ne l'est pas.
De ces centaines de mannequins que j ai pu croiser , chercher la moindre faille dans cette somme de perfections, l'exploiter pour descendre la personne.
Je me suis entendu dire une fois " Elle , on ne va la pas prendre , je n aime pas ses genoux"
Et depuis le debut 2006 et ma rencontre (et rupture) avec B. la tendance s'est inversée.
Cette flamme , ce desir que je voulais chez l autre : il est enfin arrivé.
Mais avec la meme violence que celle que je m infligeais.
Leurs desirs en rafale etaient crus , vulgaires.
Je disparaissais sous ce corps que j avait tant hai et que j avais encore du mal a supporter.
Ils ne me voyaient que comme une espece de trophee a accrocher au mur, un morecau de viande dans l'etal.
Mon reve devenait réalite mais ca n'etait pas aussi glamour que je l imaginais.
Alors je continuais mon cheminement interieur , et la j en arrivais a la conclusion que plus que de plaire aux autres , je devais au moins ne pas me deplaire.
Et c'est sur ca que je travaille.
Je suis under construction.
14/02/06 - 00:33
Un post bien triste pour des résultats qui somme touts ne sont pas déagréables au regard ; bonne construction à toi en espérant que les fondations internes seront solides : on ne peut plaire aux autres que qd on est en accord avec soi-même !
syldemon