Smoking craving
Les rues desertes , dominées par un vent cinglant , ne me renvoyaient meme pas l'echo de mes pas sur le bitume.
Les rafales me fendaient la cornée , laissant echapper de lourdes larmes sur mes joues rougis de froid. Et je les laissais a leur course folle sur les traits irréguliers de mon visage.
Sous la baguette de LukeSilver, la Madonne me sussurait son American Life, rythmant ma course effreinée.
Quelques rares voitures sur le boulevard plus lointoin venaient perturber ce calme olympien par les crissements des accelerateurs et je remontait le chemin tant bien que mal.
Devant l'Hippo , je jetais un coup d'oeil furtif aux couples qui s'offraient un menu a 9,90 € au beau milieu de la nuit ; l'espace d'un instant j'aurais donné ma vie pour vivre ca.
J'ai offert une larme de plus parmi le marecage deja present. Whatever.
Sous les enseignes lumineuses des fast food , je me suis frayé un chemin dans la faune grouillante de la Place Clichy, eternellement en place comme s'ils attendaient le Messie.
Devant le vieux vendeur de cigarette , je sortis ma main violacée pour lui deposer le billet froissé , encore chaud de mon fond de poche.
Lui qui n'avait pas d'age , a force de veiller les accrocs a la nicotine, il me jeta neanmoins un regard qui semblait compatissant a travers le nuage de fumée qui s'echappait des ses levres gercées.
Je ne lui ai rien offert en retour si ce n'est qu'un poussif "merci , au revoir" en me saisissant de ma precieuse marchandise.
Et je l'ai planté la, retournant dans mon age de glace.