De cet hotel luxueux , du chic tapageur de la piscine et de l'abondance de distractions pour nouveaux riches , je ne garderais que peu de choses.
Cet moment assez rare , où dans ma suite a 1200 € la nuit , j'ai reussi l'espace d'un instant a vider mon sac d'angoisses , confortablement lové dans mes draps de cotons soyeux , un thé a la main et une cigarette aux levres . Je regardais les etendues de poudreuses qui se deroulaient sous mes fenetres , et je rechauffais mes paumes autour du recipient de porcelaine.
Et je suis resté la un bon moment , a regarder cette nature si sauvage , si grande. Ces montagnes a perte de vue, cette impression de n'etre que poussiere face a l immensité et face a la violence sourde de ces amas de roches et de ces tonnes de glace.
J'oubliais mes querelles avec mon equipe d'abrutis , ces trajets continuels dans ces trains surrannés, le telephone qui sonnait dans le vide.
Je me focalisait sur cette beauté brute , si majestueuse. Ce rempart imprenable face aux tourments de mon ame.
Quelques heures plus tard ,un peu de homard en guise de dejeuner et la cloche a sonné: la recréation etait terminée:l'heure avait sonné de quitter ce havre de paix
Dans le taxi qui nous emmenait loin de ma petite bulle , je regardais les vastes trainées de neige , enrobant la montagne comme une carresse , le blanc du ciel en echo au terrain immaculé.
Je voulais garder cette image dans mes synapses, comme antidote a mes moments de down.