Une legere odeur de lessive se melange a celle des Marlboros et des bougies consumées.
Dehors le silence assourdissant , le noir bleuté de la nuit viole un peu les fenetres. La seule lumière provient de l'ecran de l'ordinateur et de la veilleuse de ce vieux reveil au design demodé.
Les muscles encores endoloris de la nuit dans les bras de Sunshine, quelques dossiers en attente sont traités au milieu de la nuit
Les accords de Maxence Cyrin tambourine dans le casque du Ipod, ce Unfinished Sympathy qui me renvoit dix ans en arriere. A ces trajets en RER quand je quittais ma banlieue sordide pour essayer de respirer un peu dans la capitale qui me semblait etre la terre de toutes les possibilités.
Je ferme les yeux et je revois les paysages mornes qui defilaient a grande vitesse , completement deformés ,comme une succession de traits aléatoires.
Deux appels de Los Angeles , quelques eclats de voix en ricain viennent troubler cette impression de serenité.
Toujours pas de vraies reponses concernant ce depart hypothetique, I keep on waitin.
Je retourne a ma musique , la poitrine saturée de nicotine , les yeux un peu rouges et l'odeur de la creme qui me rappelle les baisers que je deposait sur la joue de ma mere quand j'allais me coucher.
Cette odeur de creme de nuit suffisait a me reconforter en me disant qu'elle aussi allait s'endormir et ne pas me laisser seul au milieu de la nuit.
Depuis mes nuits se font seules et cette odeur tenace , si fraiche et si persistante , est la seule qui me soit fidele lors de mes voyages nocturnes.
Tous les autres n'ont été que des resquilleurs.