Dans la salle enfumée , les serveurs aux allures de mannequins Italiens virevoltaient entre les tables minuscules , parlant fort pour couvrir l agitation des clients.
Des photographes up-date negociant de gros contrats, des chanteurs a lunettes noires esperant etre reconnus, des footballeurs devorant des yeux des jolies femmes qui n'etaient pas leurs epouses, un ecrivant noircissant febrilement des liasses de papier entre deux coups de fourchettes dans son assiette d'asperges au soja, voila l'environnement de notre table.
Dans ce restaurant qui semblait ne pas payer de mine et qui etait plus proche d'un attrape touriste que de the place to be, je me retrouvé catapulté dans cet underground , ce repaire de toute la faune fashionista. Je me sentais un peu decalé, ne me trouvant pas vraiment a la hauteur de cette foule.
A ma table, une icone de la presse branchée extremement influent , a la voix stridente et aux phrases assassines , un multi-millionaire quiquagenaire avec de faux airs de Delon et une creatrice de bijoux , gothique a souhait me lancant des oeillades complices sous son epaisse frange noire. Et moi au milieu de tout ca.
Essayant de donner le change , de ne pas leur montrer que je ne me sentais pas super a l aise , que je n'avais ni leurs moyens financiers, ni leur culture.
Pourtant j'ai decouvert des gens d'une grande simplicité sous le glamour extravagant de leurs exces, et je n'ai jamais autant ri.
L'alcool aidant , je me suis moins clumsy au milieu de l'intelligentsia européenne et j'ai reussi a apprecier ce moment sans trop me deprecier.
Surtout de se sentir apprecié par l'icone qui se sent des ailes de pygmalion avec moi , et qui souhaite me prendre a ses cotés pour expulser Elisa Doolittle de mon corps.
"You just gotta be a modeling mud..."
J'etais pret a me jeter dans le vrai jeu. Le reste n'avait été que des errances et la j'allais vraiment rentrer dans l'arene. Et j'en etais heureux.