J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you"
Je mange : light
Je bois : du whisky-coca as usual....
Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton
Je pense : a la personne que je devrais etre
Je rêve : a la personne que je devrais devenir
(mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)

15/06/2006

15/06/06 - 01:25

I know u got another life , u gotta concentrate



Dephasé est le mot le plus approprié. Debarrassé de toutes les contraintes de la vie quotidienne , pris en charge pour le moindre mouvement , des gens prets a devancer vos desirs , la vie peut etre grisante.
Lorsque le porteur me faisait passer devant tout le monde , "les simples mortels " comme il s'amusait a appeler ceux qui voyagaient en eco, Vissi me souriait de ses dents blanches esperant un pourboire , seul moyen pour lui d'eviter de retourner dans les mines de platine.

C'etait l'avantage de voyager en first , outre le fait que la nourriture etait delicieuse et l'alcool a volonté. Avoir l'impression d'etre au dessus des autres.
Et Vissi parlait en Afrikaner aux personnes de l'immigration pour que je franchisse plus vite les barrieres de securité pour rejoindre ma Mercedes climatisée qui devait m'emmener dans mon hotel.

Les gens me regardaient avec mepris et envie. Et derriere la couverture de mes verres fumés , je les laissais imaginer ce qu'ils voulaient , les quatorze heures de vol vers Johannesbourg m'avaient epuisé. J'entendais vaguement les chuchotements et je n'y pretais pas attention. Je n'avais qu'une envie , c'etait de me lover dans le cuir confortable de la voiture qui m'avait ete mise a disposition

Rapidement extirpé du terminal, je m'allumais une cigarette salvatrice que je grillais delicieusement avec Vissi. L'afflux de nicotine me fit tourner la tete plus que prevu , et Vissi recupera mon corps evanoui l'espace de quelques instants. Il me reveilla et me fit monter tant bien que mal sous les yeux interrogateurs des autres passagers qui se demandait qui etait ce triste sire en vetement de createurs qui se faisait soutenir par un porteur pour acceder a sa voiture de luxe.

Dans la voiture qui m'emmenait dans mon "cinq etoiles deluxe" , Vissi ne chercha meme pas a faire la conversation , me laissant regarder ce paysage mort, alignement de bidonvilles cernés de barbelés et d'etendues arides.
Apres plus de 3 heures de route menées tambour battant par mon chauffeur , j'arrivais enfin a l'endreoit , ce bout de monde completement artificiel et irréel au milieu de ce desert.

Entre quatre montagnes , tout avait été rasé pour faire plaisir a un riche emir qui voulait creer le temple du luxe au milieu de nulle part.
Cascades a foisons , sculpture en or au milieu des palmiers importés, batiments tenant plus de Disneyworld que de l'hotellerie de luxe.
Vissi m'arreta devant the Lost Palace , l'endroit où j'allais rester et devant cette sculpture de 30 m de long et 10 de haut , composé de pierres precieuses et d'or , d'autres porteurs se ruaient pour decharger la voiture de mes precieuses affaires.

Vissi descendit et ouvrit la portiere de la voiture pour que j'en sorte. Il ne me serra pas la main mais s'inclina devant moi. J'avais l'impression que l'Apartheid n'avait jamais vraiment disparu et qu'elle hurlait par les pores de ma peau.
Je glissais un billet dans la main de Vissi et je me suis engouffré dans le hall trop climatisé du palace , cerné par la nuée d'employés s'occupant de mes affaires.

A ce moment la , je me suis arrété net et je me suis retourné pour faire un signe a Vissi. Lui pourtant etait occupé a parler avec ses amis et je me suis rendu compte qu'il n'avait fait que son travail.

Je suis donc reparti dans mon elan vers le desk pour faire mon check in.

Un bon debut bien qu'un gout amer dans la bouche...

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