J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you" Je mange : light Je bois : du whisky-coca as usual.... Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton Je pense : a la personne que je devrais etre Je rêve : a la personne que je devrais devenir (mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)
Je remontais l'avenue de l'Opera , les yeux brumeux , la musique bien calée au fond des oreilles, essayant d'eviter le regard des passants. Je venais de quitter mon actrice qui m'avait embrassé devant la Bourse , et deux minettes de seize ans s'etaient poussées du coude nous voyant " Oh c'est xxxx ! et lui c'est son mec!?! Elle a un sale gout!"
J'ai fait semblant de ne pas entendre et j'ai redeposé un baiser rapide sur ses levres avant qu'elle ne monte dans son taxi qui patientait. Une fois la voiture eloignée , je me suis enfui , honteux. Je me sentais plus bas que terre ; comme si j'avais besoin qu'on en rajoute une couche.
Deja que je ne traversais pas la periode la plus faste de ma vie ( en meme temps je me demandais s'il n'y en avais jamais eu une?), je n'avais vraiment pas envie d'entendre ce genre de choses.
Je me suis rendu au cocktail où on m'attendais depuis un bon moment et j'ai pris quelques minutes dans une ruelle pour essayer de ma rassembler pour ne pas trahir mon desarroi. J'ai ouvert mon grand sac et dans la pochette de cuir mordoré je me suis saisis de deux cachets d'antidouleurs , histoire de calmer un peu ma crise de larmes vrombissante.
Je me suis appuyé contre le mur quelques instants pour fumer une cigarette et essayer d'oublier. Mais la voix de la jeune fille raisonnait dans ma tete et je n'arrivais pas a la degager de mon esprit.
Je me suis forcé a entrer dans l'arene et la je n'etais pas decu. En plus de l'habituelle faune de connasses et de pique assiettes , il y avait des cameramen et des photographes. J'essayais tant bien que mal d'esquiver ce cirque mais l'attachée de presse a l'accent bresilien a couper au couteau a eu vite fait de me remettre dans les rails en me sifflant entre ses dents trop blanches " Tu me dois bien ca , tu prends sur toi et tu poses pour la photo..." et elle a adressé son plus beau sourire collagené aux cameras.
J'ai esquissé une grimace qui aurait du ressembler a un sourire et les flashs qui crepitaient me brulaient la retine et me redonnaient envie de pleurer.
Une fois ce ceremonial accompli , elle a desserré sa main bijoutée de l'etreinte forcée et je me suis refugié au bar pour siffler un peu de champagne. j'ai envoyé deux ou trois textos a mes "so-called friends" mais sans reponses evidement. Un des photographes est venu me voir et je lui ai adressé mon plus beau regard noir.
"Just for my magazine , can I ask you your name and who you are?"
J'ai pris une nouvelle bouffée de ma marlboro et ai laissé la fumée s'envoler vers le plafond XVIIIeme siecle.
J'ai posé ma coupe vide sur le bar et lui ai dit platement "I'm nobody..." , et je l'ai laissé a ses interrogations.