J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you" Je mange : light Je bois : du whisky-coca as usual.... Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton Je pense : a la personne que je devrais etre Je rêve : a la personne que je devrais devenir (mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)
Ni provocation , ni fiction. Pas de figures de style ni d'appels au secours.
Juste un besoin irrepresible d'ecrire, de vomir mon mal etre sur ce clavier d'ordinateur.
Je devais comprendre de desir de me mettre en danger en permanence , d'etre toujours limite.
Cette recherche incessante de la perfection que je n'attendrais jamais. Ce bonheur que je m'imaginais , tout droit sorti de mon esprit pollué d'images de mode et de videos glamour.
Pourtant je savais que je poursuivais une chimere , que je m'enfoncais dans un chemin sans issue.
A part droit dans le mur.
Je voyais les autres avancer ou dumoins faire semblant, et moi je sombrais.
Je ne sais pas si c'est grave , meme si c'est interessant de s'en rendre compte. Je m'en fous apres tout.
Et cette accumulation de jolies choses comme autant de rustines sur les debordements de mes humeurs, j'avais envie de tout balancer.
J'avais peut etre besoin d'une famille en fait , de gens pour me guider , pour m'apprendre comment vivre tout ca. Les miens ne l'avaient pas fait et ne le feraient jamais.
La souffrance a franchi a un nouveau cap , je me laisse aller a mes plus bas instincts. Je ne suis que de la viande jetée en pature, devorez moi , je ne merite pas mieux.
Ce garcon qui essayait tant bien que mal de se convaincre qu'il me donnait du plaisir ne voyait pas les larmes ruisseller le long de mon visage. L'obscurité arrange les differentes parties. Je descendais un peu plus en enfer, me replongeant dans les meandres de mes noirs souvenirs.
Plus tot dans la soirée , j'essayais tant bien que mal de provoquer une reaction dans ce corps , essayant de me couper et de faire sortir ce sang comme une purge salutaire.
Mais rien n'est venu.
Juste des sensations sourdes, des souvenirs affadis remontés a la surface de facon anarchique. Je ne ressentais plus vraiment grand chose a part cette douleur lancinante et cette envie de pleurer que je reprimais tellement.
Le couteau gisait sur la table , presque insolent , semblant me provoquer en duel. Je ne croiserais pas le fer ce soir , trop ivre pour faire quoi que ce soit de correct.
Je n'osais meme pas retirer mon tshirt de coton noir , preferant me voiler la face quant a l'etat de ce corps a l'abandon. Je dormirais encore une fois sous l'influence des somniferes, s 'ils voulaient bien faire effet pour une fois.
La tete qui tourne et la peau a vif. J'ai envie d'une brulure plus forte. De l'impudeur d'un regard , de la delivrance dans l'abandon , de manquer d'air.
Je laissais la lame se promener sur mon corps, esperant que quelque chose se passerait , qu' un endroit plus fin qu'un autre cederait sous la dureté du metal.
Peut etre que ma main n'avait pas encore le courage d'appuyer plus fort, que ca n'etait qu'un premier pas.
J'attendais le rendez vous avec le chirurgien esthetique avec une impatience melée d'angoisse. Me demandant si j'avais raison de me lancer dans ce processus qui n'irait que crescendo.
Toutes ces images qui composaient mon quotidien y etaient sans doute pour beaucoup , mon enfance et mon education n'y etaient pas etrangers : je devais tuer cette personne que j'etais.
D'un moyen ou d'un autre.
Dix huit heures de sommeil , meme artificiel , c'est toujours ca de gagné.
J'ai reussi a tenir deux jours sans alcool mais je sais que ce soir ca sera different. Pour cacher mon mal etre, je sifflerais les verres. Je me draperais de noir pour camoufler ce corps que je deteste et leur sourirais a tous.
Je ne supporte plus le gout de la pomme verte qui constitue l'essentiel de ma nourriture quotidienne. J'attends que mon estomac retrecisse mais cela prends plus de temps qu'avant.
Mon corps n'est plus aussi reactif , sans doute usé par mes années de yo-yo. Je reve souvent de revoir ces os que j'arborais fierement a la naissance de mon jean et qui maintenant sont cachés sous un amas de gras.
Ca ira mieux bientot.
Je me leve en pleine nuit , le dos en bouillie. Impossible de tenir une position sans avoir des larmes qui montent automatiquement.
J'allume une cigarette histoire de penser a autre chose. J'ouvre le tiroir de la commode et en sors une nouvelle plaquette. Deux cachets de plus.
Je regarde a travers la fenetre de ma chambre et tout est calme.
Rien ne bouge , rien ne vit.
J'attends que ca fasse effet. Maybe tomorrow Ill find my way home.
Deux pilules de plus.
J'essaie de me convaincre que je n'en ai pas besoin mais la douleur se fait plus forte , plus presente.
Lancinante et sourde , elle cogne le long de ma colonne vertebrale.
Je monte le son un peu plus , pour couvrir les cris interieurs. Toute cette agitation dans ma tete , cela ne s'arrete jamais.
Ca n'est meme pas le manque d'amour ou la solitude qui me ronge , mais ce sentiment implacable de ne pas etre a ma place. Jamais.
Pourtant hier j'etais aux commandes et j assurais. Tous me demandaient mon avis , le telephone sonnait et mon assistante filtrait au maximum. Je ne prenais que les appels d'extreme urgence, enfin ce qui etait considéré comme tel.
Je descendais les anti douleurs entre deux rafales de flash et la mannequin anorexique essayait tant bien que mal a suivre les ordres que lui beuglait le photographe.
La sono deversait de l'electro clash a en faire trembler les murs et les assistants couraient.
Ca sentait la laque et la poudre libre , tous s'echinaient sur cette pauvre fille au bord du malaise pour qu'elle soit la plus glamour possible. Mes assistants reprenaient le tailleur Chanel sur son corps decharné le rendant parfait a l'image.
Et le visage de cette fille quasi mourante s'etalerait dans quelques temps dans tout les kiosques de la capitale , le visage lissé au Photoshop et les genoux affinés a coup de trucages numeriques.
Diner plus qu'arrosé avec un photographe de mode, une strip teaseuse et deux veterinaires.
Festival de n'importe quoi entre deux verres. Je n'ai meme pas eu a degainer ma carte bleue , tout etant payé d'avance...
Le garcon d'hier soir m'a laissé un message mais je sais tre bien qu'il ne veux que mon enveloppe corporelle et rien d'autre.
Demain je devrais reinventer les codes de la mode pour l'ete 2007, et j'arriverais une fois de plus les lunettes enfoncées sur mon nez trop court.
Je suis soul de tout cet alcool dont je n'avais pas envie. Les gens sobres sont ennuyeux et je ne supporterais pas de porter ce stigmate.
J'ai acheté les albums d'Emilie Simon alors que j'en avais piraté la moitié mais devant le talent immense de cette demoiselle, je me suis dit que je lui devais bien ca , pour tout ce que sa musique m'avait apporté comme bonheur. Je continue a acheter des albums , j'aime bien le principe de ces boutiques ouvertes 24/7 qui ne sont la que pour pomper notre fric.
Je dois me lever dans quatre heures et je m'en tape.
On ne peux jamais controler le cours des choses. Les imprevus ont du charme , meme pour un control freak comme moi.
Dans ce bar où je philosophais avec mon assistante , le hasard s'est installé a notre table. La salle etait bondée et le serveur nous impose un garcon et une fille a notre table histoire de rentabiliser leur espace.
Nous cohabitons tant bien que mal , n'aimant pas forcement qu'on envahisse mon terrain.
Ils ont lié la conversation avec nous , a coup de pied de biche. Je ne laisse pas forcement la porte ouverte sur mon petit monde. Ils se sont revelés amusant et plutot trash , commandant verre sur verre , ayant l'esprit vif et de l'humour.
Puis le garcon , le cheveux brun en bataille , la trente-cinquaine assumée , looké en Dior homme mais sans exces , se decida de s'asseoir a coté de moi , histoire de regarder le bracelet que je portais. J'aimais bien son aspect acteur underground et sa chemise en piqué de coton bleu.
Lui aimait mes mains et mes avant bras. Il passa subtilement la main dans mon dos tout en continuant a converser de tout et de rien, avec l'habilité des gens intelligents.
Il m'a volé un baiser devant tout le monde, me faisant basculer en arriere comme dans les telefilms de M6.
Mon assistante et son amie ont eclaté de rire et trinquer a notre santé. La sono hurlait et les lumieres rouges me tournaient la tete.Je savais que l'atterrissage serait violent , avec mal de crane et traits tirés. Mais je souriais. Et c'etait deja ca.
Mini break dans le tumulte du travail.
Je devrais deja etre parti depuis longtemps mais je traine dans mon si joli petit appartement.
J'ai recommencé ce putain de regime qui me tape sur les nerfs mais je ne supporte plus le reflet que me renvoie le miroir.
Je veux retrouver cette allure longiligne que j'avais il y a quelque temps encore.
J'ai fait une liste non exhaustive des specialistes que je devais consulter pour enfin traiter ce corps comme il merite. Je compte mentalement les calories , fais des soustractions et des additions , je veux reprendre le controle.
Les coupe-faims qu'on m'avait promis se font attendre et je vais devoir trouver une solution de rechange.
Je me donne comme objectif d'avoir perdu six kilos dans moins de trois semaines. Me connaissant , je devrais y arriver. A moins d'une rechute.
Mais cette fois ci, je ne laisserais plus la nourriture me dicter ma facon de vivre, encore moins celle de m'habiller.
Encore une fois mon regime est raté.
J'ai succombé a la tentation des calories et des lipides par paquet de douze.
J'ai caché mes cicatrices avec des tissus mongrammés et ma peine noyée dans une coupe en cristal.
Je cherche un billet pour Londres histoire de m'eloigner un peu plus de moi. L'abandon coute moins de 1000 euros.
Je serais toujours le meme au fond, mais au moins je pourrais tromper mon monde.
Je ne trouverais pas de reponses a mes questions fondamentales , je ne ferais que camoufler la misere avec un pansement en or 24 carats.
Les blessures seront toujours la , les doutes , les reproches , les questionnements sans fin.
Je me pose des questions sur ma dimension spirituelle, je me trouve creux , sans réelle consistance.
Avancant dans le monde sans un but special si ce n'est celui de survivre une journée de plus. Pas de force superieure pour me guider , pas de soutien au dela des nuages.
Juste mon propre instinct qui me fait souvent defaut.
Envie de retrouver le controle de ce corps que j'ai laissé en jachere depuis trop longtemps, que j'ai abandonné aux intemperies ,sans me soucier de son aspect ou de son bien etre.
Juste un terre sterile , sans grand interet.
Je ne veux plus etre spectateur de cette tragedie , je voudrais enfin trouver la force de reprendre part au combat , de redresser la barre.
Besoin de panser mes blessures , de ne plus laisser les plaies s'infecter , empecher cette gangrene de gagner du terrain.
je merite sans doute mieux que ce que je m'inflige , je dois apprendre a me defaire de ces schemas malsains qui m'ont été inculqués depuis tant de temps.
Je sais que j'en suis capable , une impulsion de plus pour m'aider. Je ne suis pas cette merde que tous imaginent , je suis mieux que tout ca. Je merite le respect. Je suis aussi valable que n'importe qui.
The lights were gone.
That's what they call the rise and fall.
Je n'aurais jamais pensé que cette semaine se terminerait. Plongé dans une autre dimension peuplée de creatures botoxées , ignorant tout des realités environnantes, des assistants pour faire rempart , des lunettes de soleil pour ne pas regarder les gens dans les yeux.
Et le tout semblait tellement normal.
Le taxi du matin, le taxi du soir.
Le livreur de nourriture , la bouteille de whisky jamais tres loin de la main. Besoin de soutien.
Le sommeil etait facultatif, you're not on the list. Mes yeux affichaient la fatigue que j'accumulais et les anti cernes ne cachaient meme pas la misere.
L'avenue Montaigne semblait etre le bout du monde. Chanel etait le dealer officiel. 3000 euros pour une veste c'etait plutot abordable.
Tapez le 9 pour le room service.
Le dos en charpie , les pilules glissaient lentement le long de ma gorge avec une grande lampée de coca light. J'attendais que ca fasse effet mais c'etait rarement le cas , mon corps connaisssait trop bien ces cachets et les resultats etaient minces.
En faisant des melanges , on arrivait a un resultat potable. Au moins pour deux heures.
Hold the line , we're trying to connect you
Et cette mannequin si mince qui allait vomir toute les quarante minutes histoire de conserver son 34 parfait. Elle m'expliqua avec un petit sourire qu'il fallait bien faire quelques sacrifices pour obtenir ce qu'on voulait. Nothing's free in this world.
Veuillez composer votre code.
Aujourd'hui , je n'ai pas reussi a me concentrer. je n'en strictement rien a foutre du travail de la journée.
J'avais engagé deux assistants, ils etaient la pour assurer a ma place , esperant me la piquer un jour.
Ils revaient les pauvres. Je ne leur laisserais jamais cette opportunité.
La seule chose qui m'interessaient dans cet hotel particulier du huitieme arrondissement , c'etait de regarder les passants depuis la terrasse du deuxieme etage.
je les observais s'activer prestement, courant apres un temps qui etait perdu d'avance.
Et je restais la, accoudé sur le balcon , une cigarette calée au coin des levres. Le vent me giflait le visage et je n'en avais rien a foutre.
Je les regardais s'agiter et j'avais envie de leur hurler que tout ce qu'ils faisaient ne menaient a rien. Que la mode n'etait qu'une mascarade et que tout ca n'etait que de la poudre qu'on soufflait aux yeux des gens pour qu'ils depensent deux fois leur smic.
Un sac Chanel pendant a mon epaule gauche, je donnais mes instructions sans grande conviction. Je devais choisir qui etait in , qui etait trop gros , ce qui devait etre et ceux qu'on devait rayer.
Je me plaignais que je n'avais pas été assez gaté et un bouquet de fleurs rares ou une bouteille de champagne millesimé arrivaient dans le quart d'heure.
J'etais gaté-pourri mais ca ne suffisait jamais.
J'avais envie de plus.
Envie simplement de me sentir a ma place, d'etre pour une fois bien dans ma peau. Etre en harmonie.
Ne plus sentir cette brulure dans ma gorge quand je devais sortir de chez moi.
Ca n'arriverait pas de sitot , enfin pas tant que je n'aurais pas pris des mesures drastiques pour sortir de ce marasme dans lequel je me suis inconscement laisser glisser.
Je n'aurais jamais du avoir l'insolence de monter sur la balance. J'etais tellement grisé par cette suite dans un palace parisien et cette salle de bain en marbre me poussait a toutes les esperances.
Lorsque j'ai vu le poids affiché , j'ai failli tourner de l'oeil. Je n'arrivais pas a croire le chiffre que me renvoyait cette machine. J'avais soudainement une envie de pleurer plus que violente, a un tel point que j'ai été obligé de sortir de la piece et de traverser la suite de 300 m² pour rejoindre la terrasse, histoire de souffler un peu.
Il fasait deja nuit et la vue panoramique ne faisait que renforcer mon blues.
Je regardais la ville du haut du septieme etage, et la Jardin des Tuileries s'etait deja vidé. Le manège etait encore allumé et tournait a vide. Pas un enfant pour rire ou tournoyer. Juste les arbres nus et les passants pressés.
J'avais froid dans mon debardeur Chanel. Je n'avais meme pas pris la peine de me couvrir , pressé de sortir au grand air avant de suffoquer.
Je me disais qu'un jour tout disparaitrais , tout cet amas de monuments aux volutes travaillées , aux rues alignées, tout ca finirait dans un chaos indescriptible.J'aurais voulu que ca arrive a ce moment.
Comme rien ne se passait j'essayais d'apprecier le calme de la ville, du ronron de la circulation ,des points luminuex qui venaient briser la nuit qui cherchait a s'installer. Tout semblait si simple sept etages plus bas. Comme un ballet parfaitement synchronisé.
Je savais que l'alcool etait le coupable a pointer du doigt, que je devrais me defaire de cette alliance nefaste mais je n'en avais pas la force. J'en avais trop besoin pour ne pas me briser comme un bibelot sur du carrelage trop froid.
Je n'arrivais pas a survivre sans substances pour me maintenir au dessus de l'eau , au dessus du lot. Et je me trouvais tellement pathetique d'en etre arriver la , moi qui me targuait d'avoir tenu tete a la cocaine , j'avais cédé devant la permiere bouteille qui passait.
Et j'avais beau passer mes journées dans des palaces, a me pavaner avec des vetements de grands couturiers et a recevoir des cadeaux et des flatteries par dizaine, je ne m'etais jamais senti aussi vide et inutile.
Une "amie" model au 34 parfait me parlait discretement de son secret de beauté ; des coupe-faim qu'elle faisait passer illegalement en Europe et qui avait une efficacité incroyable. Ces pilules miracles avaient non seulement le pouvoir magique d'effacer la sensation de faim mais en plus elles regulaient l'humeur.
Adieu kilos superflus et crises de larmes ! Bonjour taille de guepe et sourire beat!
Le seul inconvenient c'etait leur potentiel cancerigene et le risque d'accident cardiaque multiplié par dix. Elle ne me laissa meme pas le temps d'avoir une interrogation et me retorqua: "De toute facon, a 40 ans on est bon a mettre aux ordures... So why bother?"
Elle me tendit la main et deposa dans la mienne deux petites capsules bleu ciel. Elle me sourit et retourna se faire maquiller.
Je suis resté au moins dix minutes enfermé dans les toilettes , en regardant fixement ma main et les cachets aux vertues insensées.
Je les ais jeté a regret dans la cuvette et y ai laissé mes dernieres illusions de jeunesse eternelle.
Un dernier pour la route.
Comme on dit dans les bars de quartiers. Sauf que je suis seul et que je me dis ca a moi meme.
Je ferais bien un bond en arriere dans les années 90. Avant la defonce , avant toute cette merde. Quand j'avais encore des reves et des espoirs.
Où je me projetais dans un futur hypothetique fait de sourires rose bonbon et de vinyls eclatants.Où je n'aurais pu etre celui que je suis aujourd'hui.
Je m'imaginais alors que l'argent et le statut social combleraient les lacunes de mon enfance. Qu'ils effaceraient les douleurs de mon pere absent et de ma mere castratrice.
J'aurais vecu Avenue Montaigne avec un homme qui m'aurait aimé. Un visage lisse comme une mer d'huile et un mini-chien au bout de la laisse. Et ma vie aurait ete plus glamour que celle de Madonna.
Mais la realité m'a rattrapé ,violente comme une grenade. Mes reves se sont evanouis dans une bouteille de whisky bon marché.
Pourtant il semble que j'ai tout pour etre heureux.
Sauf que je me hais.
Le probleme le plus profond doit venir de la. De ma propre haine.
Je suis tellement alcoolisé que je ne me rends meme plus compte de ma propre decheance. Je pretends ne pas voir mon visage bouffi par l'alcool et mes mains qui tremblent quand approche 17h.
J. a essayé tant bien que mal de me consoler et de me soutenir mais il ne peux me sauver contre gré. Et pourtant je reve encore d'etre delivré.
Mais je dois accepter que personne ne viendra me delivrer , que je ne suis pas une princesse de conte de fées, mais juste un pauvre type qui doit survivre a ses propres blessures , a ces meutrissures qu'il s'inflige seul et dont le monde n'a rien a foutre.
Et demain je ferais comme si de rien n'etais , je meriterais presque un oscar pour mon role de composition, pour ce role de working girl plus que credible. au sourire carnassier et a la replique si juste.
Je deambulerais au milieu des dorures et des miroirs sans teints, evitant mon propre reflet de peur de voir cette accumulation de complaintes vaines. Je serais l'homme de paille que tous attendent.
Je n'ai meme pas envie d'avoir de boyfriend, je voudrais juste que quelqu'un me montre la voie , que cette personne me prouve que tout ceci n'est pas vain et que je ne suis pas inutile.
Et que je merite ma place au meme titre que les autres.
Cette personne ne viendra sans doute jamais et je devrais apprendre a me passer de tout ca. De cette main rassurante sur l'epaule. De cette figure paternelle qui fait que les nuits sont moins noires et plus courtes , celle qui fait que le croque-mitaine reste sous le lit sans tanter de m'aggriper.
Et demain je serais celui que je pretends etre 24/7. Et tout le monde se prendra au jeu. Je continuerais a tisser ma toile veneneuse , les laissant rentrer dans mon jeu le sourire aux levres, ils ne se rendront meme pas compte qu'ils sont manipulés , faisant partie d'un plan plus grand que leur simple petite personne.
Je vais me lever dans quelques heures , la bouche pateuse et l oeil vitreux. Et je vais criser en ne trouvant pas de taxi , comme d'habitude.
Et que je ferais la gueule quand mes assistants arriveront en retard comme d'habitude.
je commence a me connaitre par coeur.
Le dernier post de Kubrart m'a touché par sa liste exhaustive de ce qu'il fallait pour avoir un veritable self esteem , me rendant compte que je ne remplissais pas les criteres, une fois de plus.
Je m'appelle Nikky et je suis alcoolique.
Il faut se rendre a l'evidence. Et meme si je fuis loin , je ne laisserais pas mes demons a l'aeroport.Et je ne sais pas si j'avais envie de les affronter ni si j avais la force de les abandonner.
Pas moyen de trouver le sommeil et mes yeux me brulent.
Je suis un peu apathique mais ca ne change pas beaucoup.
Je repense a D. mon tout premier amour et je me rappelle encore de notre premier baiser. Comme s'il venait d'avoir lieu. Mais c'etait il y a presque dix ans.
Et je n'ai rien vu venir.
Cette chanson qui me faisait si mal quand je l'entendais. Cette photo de lui que j'avais volée dans les affaires d'une copine. Tout semble tellement precis. Ces souvenirs , ces sensations.
Il a été le premier a me dire qu'il me trouvais beau , lorsque nous buvions notre premier café ensemble dans ce bar minable du 11ème. Je revoie encore la veste en velours noire qu'il portait et ses eternels tshirts col V.
Nos baisers en pleine rue. Tout est si precis , si clair.
J'ai tellement pleuré pour lui. Tout tenté pour le recuperer. En vain.
Et bizarrement le temps n'a pas eu prise sur cette histoire, elle reste gravée en moi. Mais la douleur s'est afadie avec les années de defonce.
Il ne me reste plus que le gout de ses levres qui revient de temps en temps.
Je n'y arrivais pas hier. Pas la force d'aller vers les autres, enfermé en moi meme. Mon portable me servait de bouclier. J'envoyais des sms qui n'arriveraient jamais et j'ecoutais mon propre silence au milieu de brouhaha.
J'avais bien compris que je n'avais pas ma place et j'essayais de ne pas m'enfuir en courant.
Je n'avais pas forcement envie de faire la fete apres ca, mais ne sachant jamais resister a l'appel , j'ai accompagné C. Et la , je me suis defoulé, dansant toujours plus fort, sans me soucier des autres.
J'aimais bien le melange des genres , pas de sentiments d'etre sur un marché aux bestiaux. Juste des gens qui voulaient danser et s'oublier.
Et c'est ce que j'ai fait.
J'ai a peine remarqué le depart de C. et de sa conquete, je continuait a m'abrutir , de l'alcool dans le sang et des decibels dans les oreilles. Je me suis retrouvé a sympathiser avec des gens etranges , un homme d'une trentaine d'année en nuisette et basket reebok, une lesbienne qui fait de la télé et une jeune comptable qui n'avait d'hetero que l'appelation. Notre petite equipe a poursuivi la soirée a faire des allers retours entre la piste de danse et le bar , a se moquer des fifilles qui venaient s'encanailler dans le milieu , a refaire le monde.
Vers 5 ou 6 heures, je ne sais meme plus, j'ai laissé la troupe en plan en glissant un baiser sonore a la lesbienne et suis sorti de la boite la veste sur les epaules.
Je regardais autour de moi, esperant trouver un taxi. Je n'y ai vu que du vide, mon propre vide. Et j'ai commencé a marcher.
Peu de gens connaissent l'existence de ce blog. Et surtout pas mes amis. Pas envie qu'ils connaissent ces blessures si intimes que je livre a l'impudeur du net.
Et l'autre soir alors que je tentais tant bien que mal de venir en aide a J. , je lui ai donné l'adresse de cet etalage. Et il a lu jusqu'a 6 heures du matin.
J'etais soulagé et un peu honteux en meme temps.
En me relisant , je ressent de nouveaux ces douleurs que j essaie d'enfouir tant bien que mal sous une epaisse couche de mauvaise foi. C'est dur mais j y arrive.
Mon actrice a essayé de me contacter plusieurs fois mais je n arrivais pas a decrocher, sachant parfaitement qu'elle arriverait a me percer a jour. Je regarde fixement ma nouvelle bague Chanel et je me dis que tout ca ne sers a rien , toutes ces choses ne sont que des pansements.
Emilie Simon continue de deverser son spleen et je n'arrive pas a me resoudre a rejoindre mon lit.
On me dit que j'ai du talent, que je suis doué dans mon travail et pourtant j'ai toujours autant de mal a y croire.
Et pourtant quand je compare mon travail a celui des autres, je vois bien la difference.
Apres tout ca n'est qu'une question de self esteem.
La journée est passée a la vitesse de la lumière. Pas envie d'affronter la realité , j'ai sillonné la capitale en taxi, mes nouvelles lunettes Ungaro visées sur le nez. Envie d'un petit coté Adjani en descente, je trouvais ca fun.
Les rdvs se sont enchainés sans la possibilité d'une pause dejeuner , ce qui m'arrangeait vraiment , esperant ainsi perdre un peu de poids au passage. Le sac collé a la saignée du coude , je passais des coups de fils a mes clients ,evitant les cretins faisant du leche vitrine. Je zappais allegrement mon futur coach qui voulait faire debuter mes cours de sport plus tot. Je n'etais pas trop motivé a transpirer comme un porc , j'avais plutot envie de siroter un verre.
Apres presque deux heures de rdv chez Chanel, je suis sorti un peu epuisé de tout ces palabres et j'ai rejoins P. au Plaza histoire d'evacuer un peu la pression.
Je laissais le portable sonner au fond de mon sac, histoire de souffler un peu et, sur mon trajet, je ne calculais pas le personnel odieux de suffisance pour rejoindre directement le bar.
P. me parla directement de budgets, de strategie, de retro planning, bref une extension de ma journée. Il s'arreta quand il remarqua que je levais les yeux au ciel a chaque nouvelle information qu'il essayait de me delivrer.
Il s'excusa et recommanda une tournée. Il trouvait que je faisais connasse avec mon nouveau look , ca m'a fait rire. Il n'avait pas vraiment tort.
Je n'avais plus envie de faire comme tout le monde, de me camoufler avec un total look Celio , j'avais envie de moi. Envie de me lacher et de me faire plaisir.
Interrompu par une copine mannequin/actrice/chanteuse , nous avons encore papoté legerement des vrais problemes des gens de la mode. On a deballé des secrets honteux ,des ragots de couloir , des petites phrases assassines.
La routine. Mais c'etait quand meme bien de se faire plaisir.
Toujours aucun sens des réalités. Entre les sorties a repetition , l'alcool a profusion et le shopping , la vie est une sorte d'after permanent.
Le sourcil haut perché , je deambule dans les rues , au gré de mes rdvs ou de mes envies. Je ne fixe aucun but , aucun objectif , si ce n'est celui de devenir le plus important dans mon travail.
En passant chez Vuitton pour m'acheter un portefeuille , je regarde les gens courir les Champs Elysées , les mains sciées de sacs en plastique. Je ne comprend pas trop en m'engouffre dans la boutique.
Je commande rapidement celui que je veux et la vendeuse me souffle a l'oreille "Cette clientele de soldes , quelle vulgarité..."
Elle est plutot jolie pour ses 40 ans , la taille fine marquée dans son tailleur pantalon, des cheveux platine attachés en sage queue de cheval et un peu trop d'eye liner.
Je regle mon achat avec un petit sourire aux levres et retourne dans la grisaille parisienne.
J'ecoute la musique bien trop fort et le casque de mon Ipod sature les basses. On me devisage , je fais semblant de ne pas remarquer. Je continue a marcher la tete vide.
Je traine dans les boutiques de l'avenue Montaigne sans grande conviction ,evitant les clientes qui se battent presque pour une reduction de 30%
Encore deux rdvs , des coups de fils a repetition entre Paris et NYC . Je rejoins mes amis et nous sommes deja ivres avant l heure du diner. Et c'est bien comme ca.
Deux jours hors du temps , loin de chez moi , loin de moi.
Endosser un autre personnage, disparaitre sous le maquillage et les artifices. Se permettre toutes les audaces. S'oublier vraiment , n'etre plus qu'une image.
Je voulais que pour une fois ma fete d'anniversaire ne soit pas une enieme cuite solitaire , emmitouflé dans un vieux pull en ecoutant des chansons pathetiques.
Je voulais du glamour , des paillettes , des bulles. J'ai eu le tout et je ne regrette rien.
Retour a la réalité et l'atterissage n'est pas evident. La peau en vrac et les muscles endoloris. Mais je me sens plus fort d'avoir depassé ma timidité et mes complexes pour m'exhiber ainsi devant des centaines de paires d'yeux.
Je commence a accepter le fait que je ne serais jamais la personne que j aurais voulu etre , je dois juste faire des compromis avec mes ambitions
J'ai du mal a reprendre le rythme de travail et des aujourd hui les habituels lourdingues ont recommencé a faire le siege de mon telephone. Deux conversations en anglais , des decisions urgentes a prendre. On me redecouvre un interet quand reprend la saison.
Cette video est comme moi , elle a mal vieillie. Je regarde le reflet dans le miroir et je ne me reconnais pas. J'ai oublié la personne que j'etais a force de vouloir disparaitre , laissé mes reves dans un joli placard et me suis lancé a corps perdu dans ce personnage.
Alors que la nuit etait sur le point de tirer sa reverence , j'ai traversé a pied la capitale , les taxis jouant a cache cache.
J'avais l'air plus qu'etrange habillé entierement de blanc , le bas de mon pantalon ramassant la pourriture des trottoirs parisiens.
Des jeunes bien habillés et a la coupe de cheveux tendance se battaient a coup de casques de moto , pendant que trois filles habillées en Vanessa Bruno s'hurlaient des insanités. J'ai remonté un peu plus le son de mon Ipod et j'ai enjambé un trentenaire qui vomissait ses tripes dans la rue Etienne Marcel.
Je n'avais meme pas froid , emmitouflé dans mon manteau de cashmere blanc. Je fumais mollement ma centieme cigarette sans meme ressentir la brulure de la fumée qui s'immiscait dans mes poumons.
L'alcool n'avait eu aucune prise sur moi et je faisais avec. J'entendais a peine les insultes des racailles qui attendaient le bus de nuit , j'ai poursuivi ma route faisant mine de ne pas comprendre le caractere haineux de leurs cris.
Mon quartier etait desert et propre , comme si personne n'y avait jamais vecu , les rues brillaient de pluie. J"ai composé mon code machinalement et suis entré dans le hall sans allumer la lumiere ne voulant pas affronter mon reflet a cette heure.
Une fois chez moi , j'ai ouvert le hublot du lave linge et j'y ai deposé les vetements qui me couvraient. La nudité etait presque un sentiment nouveau.
Pas d'emotions , pas de sentiments , pas de ressenti. Juste envie de dormir.
Longtemps.