J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you" Je mange : light Je bois : du whisky-coca as usual.... Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton Je pense : a la personne que je devrais etre Je rêve : a la personne que je devrais devenir (mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)
Le sommeil n'as toujours pas decidé de rejoindre la partie et je vais devoir faire avec.
Ma discussion avec J. qui est de l'autre coté de la Terre , m'a apporté beaucoup. J'ai compris que je n'etais pas le seul a ressentir ce vide si immense et cette impuissance a guerir mes anciennes blessures.
Nous avons du grandir plus vite que les autres dans ce milieu qui ne tolere ni les imperfections ni les felures. Alors nous avons mis des pansements sur nos cicatrices et un sourire de facade sur ce visage. Et nous avons fait de notre mieux.
Et si l'amour ne devait pas se presenter , je devais faire avec , oublier ces reves d'ado où j'imaginais un amour absolu , rose bonbon mais qui n'existe que dans les telefilms de l'apres midi.
Je n'ai rien a ne me reprocher , j'ai fait du mieux que je pouvais.
Ca n'est pas toujours suffisant pour affronter la dureté de la realité , de voir ces couples se lecher le visage jusqu'a l'ecoeurement et d'avoir une montée de larmes devant deux ados qui se serrent la main.
Mais au moins , je peux me dire que j'ai essayé. C'est deja ca.
Les deux faces d'une meme piece ; renfermé et noir d'un coté , lumineux et riant de l'autre.
Je suis les deux composantes. Et je dois composer avec les deux aspects du probleme.
Le jour , je suis ce cliché que le metier exige , un peu diva, autoritaire et cinglant , devant tout controler et jonglant entre une dizaine de clients tous plus exigeants les uns que les autres. Lunettes de soleil , vetements griffés et taxis non stop. Un agent , un booker , deux assistants , un carnet d'adresse de plusieurs dizaine de pages et un agenda surchargé. Celui qui passe ses debut de soirées dans des palaces parisiens en affichant une arrogance a vomir.
Celui qui passe une centaine de coup de fils par jour , organisant des productions entre Paris , New york et Johannesbourg. Le tout avec un sourire carnassier et une complicité factice.
Celui aussi qui est libre sexuellement , qui n'hesites pas a en parler a table et a draguer ouvertement des heteros sous les yeux rieurs de leurs copines.
Le soir , je suis cette petite ame tourmentée qui deverse ses etats d'ames sur un ordinateur a defaut de trouver la force suffisante pour tout avouer a ses amis, pour livrer les errances de son ame et les bleus de son corps. Celui qui enchaine les verre de whisky coca en ecoutant The Gossip et qui enchaine cigarette apres cigarette a la flamme d'une bougie bon marché. qui lit les blogs des autres avec une pointe de voyeurisme esperant comprendre un peu mieux les autres a travers ces morceaux d'humanité.
Celui qui regarde son telephone sonner sans trouver la force de decrocher et de parler de peur qu'on ne decouvre sa fragilité. Celui qui dors avec de la musique pour se persuader qu'il n'est pas seul et qui aggripe sa couverture pour essayer de trouver un peu de reconfort.
Du coup , je ne sais plus trop où je dois me situer entre ces deux entités , j'essaie chaque jour d'equilibrer les comptes en esperant qu'aucun ne prendra le pas sur l autre et que je saurais tirer mon epingle du jeu.
We'll see.
J'ai ressenti quelque chose de rare cette nuit. Allongé dans le lit de F. , je ne jouais pas la seduction , ne cherchais pas une vague sensation d'absolu , ni a me comparer aux autres.
J'ai aimé sa main lourde autour de mes epaules et les battements de son coeur contre mon oreille. Je l'ai un peu regardé dormir , sans rancune ni regret. Ce qu'il m'avait offert etait plus pur que les soit disant mots d'amours de ceux qui avaient pu croiser ma trajectoire.
Pas de rales bruyants ou de contacts intimes , juste de la tendresse , une vraie forme d'amour dans cette amitié la. Il sentait mon cri silencieux, cherchant en vain un peu de tendresse et de reconfort; et il m'avait offert son large torse pour que je puisse m'y reposer , me laisser un brea salvateur.
Pas d'ambiguité , ni de promesses vaines, il voulait juste que je me sente bien , protegé et reconforté. Et je crois qu'il avait ete le premier qui ne m'ait pas menti.
Ca fait longtemps que je n'ai rien ecris.
Pas par manque d'inspiration , ni par manque de matiere mais juste par manque de temps.
J'ai enfin vraiment reussi a me noyer dans le travail, sensation que je ne pensais pas vraiment possible de revoir.
Je passais mes journées a travailler ,l'oreille collée au portable , des flashs pleins les yeux et des vetements de couture comme seul horizon.
Loin de moi l'envie de trouver ce fils de pute de prince charmant , voire meme un boyfriend. Je n'etais pas fait pour ca. J'essaie plutot de me comprendre , je ne suis pas encore au stade de l'acceptation mais je trouve que j'ai deja fait un bout de chemin.
J'arrivais enfin a ne pas m'effondrer en larmes au beau milieu de l'avenue Montaigne et c'etait une mini-victoire. et ma semaine d'abstinence alcoolique m'avait sans doute aidé dans tout ca.
Bon j'avais recommencé ce soir mais je me disais toujours que c'etait deja ca de pris. Je commencais a apprecier ma vie , elle etait loin d'etre comme je l'avais voulu ; mais au moins c'etait la mienne.
Toujours la fuite en avant dans ma vie coupée de toute réalité. Lunettes de soleil , taxi , prozac , restaurants et bar d'hotels. C'etait mon programme quotidien et ca me plaisait. De la musique assourdissante dans tout mes deplacements , des billets qui s'echangeaient par poignées, des verres qui se remplissaient indefiniment.
Et je commencais a apprecier. Enfin.
Je donnais mon corps a des inconnus , oubliant les blessures du passé. J'essayais de ne pas laisser remonter a la surface les peines et s'ouvrir les cicatrices. Je me persuadais que les coups qu'il infligait a mon intimité etaient la pour m'endurcir , pour me depasser , pour enfin me liberer de mes chaines.
J'etais moins blasé que d'habitude , je ne sais pourquoi. Peut etre parce que j avais l impression d enfin avancer.
Je ne fais plus de pari sur l'avenir , je n'attends quasiment rien des autres. C'est peut etre en me faisant une raison sur l 'egoisme des gens que je me sauve.
Debout depuis des heures , je me cherche encore dans le reflet. Ce nouveau look d'ubersexuel , tout poils dehors , le bouc accroché au visage et la masculinité hurlée : tout ca n'est encore qu'un deguisement.
Un de mes multiples changements , histoire de me cacher une fois de plus.
Je me suis encore pris une salve de reflexions acides en plein visage lorsque j'ai vu mes parents. Trop gros , trop fatigué , trop ceci et pas assez cela. Le sac Chanel que j'ai offert a ma mere a eu de la peine a dissiper les tensions.
J'achete leur affection quelque part mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour quitter mon statut de mouton noir , ne serait ce que l'espace de quelques minutes.
Un agent veut s'occuper de ma carriere , plutot tres bon dans son domaine et ils ne semblent meme pas relever. je sais bien que c'est loin d'eux et de leur vie de bourgeois de banlieue chic. J'aurais juste aimé que pour une fois , ils se rendent compte que si je me suis tant defoncé pour reussir, c'etait pour leur prouver que je n'etais pas si inutile.
A chaque fois que mon pere parle de la facon dont il s occupe de son petit fils , ca me fait un pincement au coeur. Je me dis que je ne suis pas arrivé au bon moment, la tendresse est arrivée avec une generation de retard.
Je suis né au moment de son ascension sociale et il n'avait plus le temps qu'il avait eu pour ma soeur. Il me laissait pousser de facon chaotique. Dommage pour lui qu'il ait raté le coche.
L'alcool coule dans mes veines et je me sens bien.
Nous avons passé la soirée dans ce club privatisé pour l'occasion.
Les boissons etaient a volonté et notre serveur nous remplissait le verres avec zele. Tout le monde venait me saluer avec la deference due a mon rang et je pouffais de rire devant ce cirque.
Les verres se sont succedés et j ai faitun doigt ace grand con de directeur artistique.
Entre deux veres , j'ai negocié un voyage en Afrique du Sud et un contrat avec les Emirats.
J'ai failli me battre avec une connasse qui s'etait fait refouler de l'entrée sur mes conseils avisés.
Une soirée classique dans le microcosme de la mode.