29/07/2007I ran and I ran, Im still running away
La peau encore marquee par les plis des draps, je me dirige a la fenetre du salon et tends le visage pour sentir les premieres gouttes de pluies. Dans la rue , rien de trop. un couple en grande conversation dans une voiture grise , un homme lit assis sur le perron de l'immeuble en face. Quelques coups de klaxons. Tout semble en slow motion.
Q. dors toujours sur le matelas installé a meme le sol , la musique ne perturbe pas son sommeil de plomb. Il est ben loin de l'image du prince charmant que je me fais depuis des années mais il m'a eu par surprise, me volant un baiser en me ramenant un verre dans ce club minable. En riant je lui ai quand meme fait remarqué que j'avais dix ans de plus que lui et ca l'a fait rire. Il m'a de nouveau embrassé devant me amis qui gloussaient. The rest is history.
Je me doute que dans quelques heures il m'aura oublié mais je m'en moque , je prends ce qui vient, je ne veux plus rien attendre des autres. 20/07/200719/07/2007Tears dry on their own
Dans un sens, je me sens bien.
Flanquée de ma nouvelle assistante que tout le monde a baptisé Emily, nous avons flané Place Vendome, essayant des bijoux a plusieurs millions d'euros et buvant du Sprite , ma nouvelle coqueluche. Histoire de m'occuper, je me suis acheté un sac Prada et deux bricoles chez Dolce & Gabbana et ca m'a rendu presque heureux.
Elle a ete assez surprise de me voir chipoter ma chicken salad et je lui expliqué l'utilité des coupe-faims dans tout regime de modasse detraquée. Elle a gloussé et nous avons continué notre journée.
On a evoqué mon envie de changer de couleur de cheveux et de passer du brun terne a un joli miel "retour de vacances". Elle a un peu tiqué sur le moment mais m'a soutenu tres rapidement , m'avouant qu'elle n'osait pas franchir le pas. Je l'aime bien Emily , elle est volontaire ,timide mais aussi barrée que moi. Elle ira loin je pense. Je l'espere.
Un petit drink pour la route , deux-trois makis pour se caler le ventre et de nouveau dans le taxi. J'ecoute l'integrale de Vive La Fete que j'ai telechargé hier et je ne jette meme pas un coup d'oeil a l'agitation parisienne.
Je pense a mon voyage en Afrique du Sud , je me dis que ca me fera du bien de ma barrer de ce continent meme pour une semaine. Je me dis que le Prozac n'est sans doute pas aussi diabolique qu'on peut le dire car il m'empeche de me foutre en l'air, je me dis aussi que la balance affichera peut etre un poids satisfaisant cette fois ci.
Je me dis que j'ai de la chance d'etre la, pour l'instant. 16/07/2007This game I play
De nouveau en plein regime , la faim me tords le ventre et me donne des vertiges. Trois kilos en semaine c'est peu mais c'est deja ca. Chiffre magique qui me permets de tenir.
J. et L. se moquaient de moi quand je tentais de leur expliquer les modifications que je voulais apporter a mon visage par la chirurgie et ca se soldait par des series de grimaces devant le miroir comme des enfants de dix ans.
On riait devant ce cours d'acceptation de soi dans une salle de gym avec ce groupes de secretaires dans leur mid thirties qui hurlaient a leur miroir "I'm beautiful!!!" et J. me donnait de legers coups de coudes pour me signifier que ca serait peut etre une solution pour moi. Mais j'y croyais peu. J'avais l'esprit trop critique ou trop lucide pour me permettre de faire comme elles.
L'appareil photo dernier cri qu'il m'avait ramené de Hong Kong me permettait surtout de trouver une forme d'auto-torture a rajouter a mon arc. Je me mitraillais dans tous les sens pour saisir la vue qui etait la plus flatteuse et le resultat n'etait pas probant
Je suis toujours melancolique au fond , j attends que le Prozac fasse enfin ses effets , je me dis que ca va passer. Je sais que ca va passer.
13/07/2007How can I express how I feel?
Je tiens a peine debout , devasté par la fatigue qui ne veux pas me quitter. J'ai tiré les rideaux et me retrouve enfin dans mon cocon. No communication , no love.
Pourtant j'ai envie de danser, d'etre desiré, de briller sous les sunlights. Mais les forces ne sont pas de mon coté et je vais devoir remettre ca un autre jour.
Je complote, je trame , je simule , ma strategie porte ses fruits. Ma carriere avance , pas assez vite a mon gout , mais plus rapidement que la plupart de mes concurrents.
Mon ambition est sans limite , mon desir de pouvoir sans faim. Je les charme , leur fournis ce qu'ils veulent, exauce leurs souhaits. Et ils me payent grassement pour ca.
Je sais pourtant au fond de moi que je vais y arriver. Sooner is better than later. Alors je m'accroche . Je le veux , je l'aurais.
Mon desir de couple s'efface doucement face a mon desir de conquete du monde. Si ils ne veulent pas comprendre que je peux leur apporter beaucoup de bonheure qu'ils aillent au diable. Ma carriere sera ma compagne
Let it will be.
Welcome to the circus show , watching your lies
Le reveil s'est mis a hurler a quatre heures du matin et j ai eu du mal a croire que c'etait vrai. Le chauffeur arrivait dans a peine une heure et je devais passer a la vitesse superieure.
Un peu de Chanel , un peu de Lagerfeld et le tour etait joué . Les lunettes de soleil vissée sur les yeux et le sac Gucci a bout de bras, je me suis engouffré dans la grosse berline noire.
Direction l'aeroport , Pat Benatar dans l'Ipod , j'avais la tete renversée et je regardais le jour se lever a travers les verres fumés de la voiture. J'allais devoir surjouer toute la journée pour decrocher ce gros contrat entre la France et l'Italie et, vu les sommes en jeu , je ne devais pas me planter.
Au comptoir Air France , nous sommes passés allegrement devant la horde de familles en C&A qui nous regardait un peu medusés et fait un check-in rapide a la business class.
A peine arrivés a Rome, le telephone recommencait deja a sonner , notre chauffeur ayant peur de nous rater et de perdre son travail par la meme occasion. Une nouvelle ville, une nouvelle berline.
J'ai fait stopper la voiture au Vatican, j'avais envie d'etre face a la basilique St Pierre. Sur la grande place démesurée, des centaines de touristes attendaient pour entrer et je suis resté la, silencieux. Fumant lentement ma cigarette , essayant d'absorber chaque detail de l'endroit pour y trouver un peu de paix interieure. Je me sentais bien la bas, comme si mon envie de spiritualité prenait enfin un sens.
P. me rejoint et du interrompre mon moment de serenité pour me rappeller que nous etions attendus de l'autre coté de la ville pour des defilés de mode et des rendez vous a la chaine. Moi, au contraire , j'aurais voulu rester la , ne rien dire , juste comtempler ces colonnes a pertes de vues , et absorber toute cette ferveur religieuse et me retrouver un peu.
Quelques kilometres de bitumes vite avalés et me voila replo,gé dans le merveilleux microcosme de la mode italienne. Je pose pour quelques photos et reponds a une interview televisée , le sourire est rodé et le tout fonctionne sans accroc. Je joue avec le chapelet de nacre que j'ai acheté devant la Basilique et une conne a brushing me demande si c'est Dolce & Gabbanna.
Les defilés et les rendez vous se succedent , on lance des perches qui sont saisies immediatement , c'en est presque trop facile pour vraiment apprecier. Je sirote un verre avec une creatrice de haute couture, on gossip , on rigole. En fait on negocie apprement mais il faut au moins que ce soit dans les regles de l'art, de la comédie a l'etat pur. Son assistant vient l'interrompre , lui marmonne quelques mots en arabe que je ne saisis pas puis me tends un gros sac en carton estampillé Vuitton.
"This is a thank you package ..." me sussure la creatrice adipeuse.
En gros elle m'achete a credit.
Et j'accepte de me louer comme une pute. Je prends le sac et la serre dans mes bras facon hug a l'Americaine. C'est ecoeurant de faux semblants mais je jubile. J'ai gagné la partie.
Le chauffeur interromp notre accolade et me dit "Its time to go home now". Heureusement.
07/07/2007When I talk to people , I'm always playing music in my head
J.venait de partir a l'autre bout de la planete , C. au bout de la ville , je me retrouvais de nouveau seul. Les cheveux sales , le teint terne ,les yeux rougis et de la fievre. Je ne suis pas des plus glamours ce soir.
En essayant d'occuper cette journée , je me suis lancé dans un rangement frenetique de l'appartement. J'ai remplis des dizaines de sacs poubelles, me debarassant des traces des evenements douloureux, des vetements qu on ne porte pas pour que la trace d'un parfum reste le plus longtemps, des photos où les sourires sont figés et les rires emmurés.
Je regardais cette photo de 1997. En vacances , les cheveux plaqués en arriere par l'eau de la piscine, un petit maillot noir et des lunettes XXL pour seule couverture. Le corps d'alors est loin de ressembler a celui d'aujourd'hui. Je me trouve normal et C. me trouvait trop maigre. On pouvoit compter les cotes le long de mon corps et pas la moindre trace de gras a l'horizon. Et je pensais que je pouvais encore maigrir.
Dix ans et quinze kilos plus tard, je ne peux plus supporter l'image que me renvoit le miroir. J'ecris en boucle que je vais maigrir et je n'arrive pas a me relancer dans un regime. Pourtant je sais que je ne peux plus continuer comme ca, je ne supporte plus mon corps et cela va nuire a mon boulot. Eh oui dans la mode , les gros on prefere les avoir loin de soi. Et ma mere est bien d'accord avec ce diktat.
Dont acte.
J'avais vidé toutes les bouteilles d'alcool dans l'evier mais C. a eu la bonne idée d'en ramener une. Et comme tout bon alcoolique ,je n'ai pas eu le courage de dire non. Ca n'est que partie remise. J'ai l'envie de changer qui me tenaille fortement, je ne veux pas lacher l'affaire cette fois ci.
Je vais changer , lancer la politique de grands travaux et enfin devenir la personne que je suis au fond , dans ma tete.
The new ME is coming... 06/07/2007Just put your lips together and blow
La lumiere n'arrive pas a penetrer la cour de l'immeuble , encore moins a s'immiscer sur les murs de ma chambre. Je range sans entrain la pile de tshirts Marc Jacobs que J. m'a offert. Mon dressing ressemble a une braderie de createurs mais ca ne m'apporte rien. Un plaisir ephemere et apres ce ne sont que des cache-misere.
Je suis malade une fois de plus, j'ai l'impression que c'est en boucle. Je me demande comment je serais dans dix ans a ce rythme.
J'avais pourtant envie de sortir et de faire la fete avec J. et les autres mais je resterais une fois de plus enfermé en moi meme. Attendant que les choses changent d'elles meme, que mon corps reprenne forme, j'espere toujours me reveiller en me rendant compte que tout ca n'avait été qu'un cauchemar. Mais le reveil n'arrive jamais.
Alors je pense chirurgie , regime ,botox, coupe faims , peeling chimique, laser. L'arsenal moderne pour les personnes mal dans leurs peaux. Je me demande si j'aurais le courage de me lancer,mais vu le peu de courage que j'ai en moi , je doute que ca arrive un jour.
02/07/2007There is a light
Chacun enfermé dans ses propres nevroses , on n'arrivait pas a echanger , comme en plein jet lag. Nous etions devenus une succession de textos et de messages sur repondeur saturé.
On se croisait , descendait quelques verres et riait sur les memes mauvaises blagues, mais il semblait que le coeur n'y etait plus vraiment. On avait tous des envies d'ailleurs mais personne ne tentait le grand saut.
J. n'arrivait pas a me vider son coeur autrement que par telephone , sans doute a cause d'une pudeur trop ecrasante , je lisais pourtant son mal etre meme quand il remplissait son role du beau garcon a qui tout sourit. Une petite bombe d'un metre soixante dix huit , des traits plus que reguliers , un sourire charmeur , un corps elancé et desirables pour tous , une bite en acier. Le tout avec un boulot fabuleux qui le faisait traverser regulierement la planete et un appartement splendide dans le centre de Paris. Mais cela ne faisait pas son bonheur loin de la.
Moi je revais de capsules bicolores , ces delicieux bonbons qui me permettait de glisser sur la vague. Ma libido ne se decidait pas a refaire surface et j'avais pris soin de ne pas feter mon année de celibat.
Mr Big recommencait son grand jeu du harcelement telephonique , m'appelant quand son taux de drogue devait froler le rouge et ne disant rien que mon prenom en mode repeat , esperant je ne sais quoi.
Je me sentais demotivé par mon travail , qui avait été la seule source d'energie dans ma vie. J'avais juste envie de dormir pendant des semaines et fumer un joint a ce moment la me semblait une idée lumineuse.
Mais je ne passais meme pas a l'acte, trop feignant pour chercher le necessaire.
L'alcool me faisait de moins en moins d'effet et je commencais a m'ennuyer. Pour preuve , je ne buvais quasiment plus seul chez moi. Pas par decision , ni par grandeur d'ame , mais juste parce que ca m'ennuyait.
Mais sinon ca allait bizarrement , je m'en foutais a vrai dire. Ce detachement m'allait plus tot pas mal.
Pour l'instant en tout cas...  |
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