31/08/2007In the process I forgot that I was special too.
C'est idiot mais j'aime quand il me sourit. Je me sens special , unique.
Dans cette boutique de deco , il me parlait de l'appartement qu'on aurait plus tard et des choix de canapés. J'avais l'impression d'etre dans la quatrieme dimension et ca me plaisait. Je me demandais combien de temps il mettrait avant de se rendre compte que je n'etais qu'une fraude.
Je parlais volontairement peu de moi , de peur qu'il ne s'eloigne a cause de mes casseroles et mes nevroses en colliers. Je restais mysterieux et evasif tout en laissant des indices sur moi. C'est peut etre ca qui le rendait si accroc , celui de percer ma carapace.
J'avais peur de coucher avec lui, qu'il ne se rende compte que je n'etais pas celui qu'il s'imaginait. J'avais peur qu'il ne me quitte a cause du sexe. Ca me terrifiait et en meme temps je m'encontrefoutais. Au moins j'aurais eu la chance de me sentir bien avec lui comme cet apres midi, où je combrais doucement dans le sommeil , ma tete calée contre son torse, bercé par le flot de paroles debité par l'ecran geant de sa chambre.
Et ca personne ne pourrait ne me le reprendre. 30/08/2007Nothing can come close to this familiar feeling
Il m'a lancé un defi idiot et j'ai relevé. Je me suis retrouvé a l'attendre a l'arrivée de son train , avec vingt et une roses rouges dans les mains. On se serait cru dans une publicité des années 90 pour une parfum Yves Saint Laurent.
J'avais froid sur le quai vetu de mon seul tshirt Dolce & Gabbana et je me demandais vraiment si ca valait le coup que je poireaute dans le froid.
Quand je l'ai vu descendre de son wagon et son visage s'illuminer en me voyant , mes doutes se sont dissipés dans un nuage de fumée. A ma hauteur , il me saisit dans ses grands bras et m'embrassa tendrement, au mepris des regards des autres voyageurs. Plus rien n'existait , que ses levres attachées aux miennes.
Dans ce bar soi disant branché, je n'arrivais pas a descotcher ma main de sa peau, j'aurais pu le devorer sur place. quand il voulu essayer une de mes bagues, il me glissa la sienne a la main gauche. Vu la difference de taille, je l'enfilais a l'index mais je vu dans ce geste le symbole que j'attendais.
Celui que ca n'etait pas qu'une banale histoire de pédés mais une chose qui me marquerais le coeur en depit des mises en gardes de ma conscience moralisatrice. J'etait de nouveau pret a me lancer dans l'aventure et tant pis si quelqu'un devait de nouveau me pietiner le coeur.
Je voulais ressentir de nouveau...
28/08/2007Come bring me your sweetness
La nuit est deja tombée depuis longtemps. Je sirote encore un verre en regardant des fims de serial killer. Soirée pleine d'ennui et de vide. L'appartement sent les produits d'entretien et les bougies aux fleurs blanches. Et pourtant ca va bien.
Le fait que M. m'ait appelé quatre fois aujourd'hui y est sans doute pour beaucoup. Je m'etais pourtant promis de ne plus m'accrocher a quelqu'un aussi vite mais le simple fait qu'il me prete de l'attention me bouleverse. J'espere simplement ne pas me bruler le cortex une nouvelle fois.
Mais j'essaie de ne m'emballer ni dans un sens ni dans l'autre. Pas de defaitisme ni d'espoirs irréels. Je voudrais juste me sentir bien. Et je pense etre sur le bon chemin. 27/08/2007With you Im born again
Accoudé a la balustrade, je regardais la tour Eiffel s'illuminer rien que pour moi. Il faisait bon sur le balcon et j'aimais bien la suite de ce palace dans lequel j'etais venu rejoindre M.
Le peignoir entrouvert , je fumais une cigarette en regardant au dehors et j'observais la vie dix etages plus bas.
M est arrivé et m'a serré dans ses bras , je sentais sa veste de costume contre mon epaule denudée. Il m'embrassa dans le cou et resserra les cordons du peignoir. Je me sentis pour une fois respecté , d'autres l'aurait fait glisser sans vergogne; lui semblait m'accorder du credit.
Il trouvait que je fumais trop mais me le disait avec un sourire , j'aimais bien son indulgence et son manque de jugements a l'emporte piece.
On parlait de tout et de rien , ma tete calée contre son epaule , sentant son souffle dans mon oreille. Pas de pressions, pas d'ultimatum.L'ecran plat du salon deversait un flot sirupeux de ballades et j'aimais ca. Je voulais que ce moment ne s'arrete pas. Juste ma tete contre son epaule a regarder la nuit parisienne.
24/08/2007Or else I could choose time
La vie avait repris gentillement son cours et rien de ne faisait vraiment de vagues. Le travail m'ennuyait toujours autant et je ne pensais qu'a l'argent que j'allais pouvoir depenser pour pouvoir me motiver. Seul M. sortait du tableau habituel.
Je l'avais rencontré par hasard dans ce bar du Marais où j'ai mes habitudes. J. et le reste de la bande etaient a mes cotés et nous rabachions les memes futilités. Les verres se succedaient sur la table de metal et nous trinquions bruyament. Garcons , filles ,homos, heteros tous melangés sous les auspices du dieu Alcool.
A la table voisine , deux garcons nous observaient en souriant. Notre mini spectacle les amusaient visiblement. Un des deux , un blond fadasse a la meche lui masquant l'oeil, se permis de s'inclure dans notre conversation. Nous etions de bonne humeur, alors on lui a ouvert notre table. Du coin de l'oeil , je scrutais le deuxieme, qui etait plutot a mon gout. Tres grand , tres brun , tres silencieux.
Je restais naturel sans faire d'effort pour le seduire , me persuadant par avance que je n'aurais aucune chance avec lui. Donc pas besoin de sortir l'artillerie lourde.
Ils nous ont suivis au restaurant japonais et je me suis montré plus envahissant envers sa personne, toujours persuadé que c'etait un jeu et que rien ne se passerait. Il nous annonca qu'il devait partir travailler de nuit et cela m'ennuyais de le laisser partir comme ca. Je lui lancais en forme de defi de me rejoindre apres le travail pour un petit dejeuner a la maison. Mes amis gloussaient et etaient persuadés qu'il ne ferait pas.
Il me promis d'etre la a 9h.
A 9h l'interphone sonnait.
"C'est M. le petit dejeuner est servi?"
17/08/2007Breaking the habit
Confortablement installé sur la terrasse de ce grand appartement de Cannes, je contemplais les familles qui rentraient de la plage toute proche. Les pieds encore pleins de sable et les cheveux emmelés , un pareo noué a la va-vite et des sourires ; c’est ce que je retenais de ces gens.
Moi je sirotais un whisky coca pour ne pas changer, une cigarette aux levres et l’ivresse montait peu a peu. J’avais deja un peu commencé a la terrasse du Carlton, histoire de celebrer mes vacances.
J. dormais paisiblement sur le canapé creme du salon et sa peau dorée se detachait largement du cuir clair. Je me retrouvais pour une fois vraiment off, loin de mes activités parisiennes, le portable eteint. J’etais un peu paniqué a l’idée de ne rien faire que de prendre du plaisir et de m’octroyer du bon temps. C’etait comme si je commencais enfin a vivre cette adolescence qui m’avait fait si cruellement defaut , celle de partir avec des amis ,sans autre but que de s’amuser.
La seule difference c’est qu’aujourd hui , j’avais de l’argent et que je pouvais me permettre de m’amuser sans compter vraiment. Je m’etais offert une paire de lunette plus qu’improbable chez Chanel mais ca m’avait rire de voir la vendeuse tiquer sur mon choix de ces lunettes geantes au double C strassé. Sur mon insistance , elle a du battre en retraite et de me ceder les lunettes ainsi que des boucles d’oreilles coordonnées , pour la jouer un peu plus riviera 70’s.
Je comptais bien essayer d’oublier un peu les tensions que je ressentais d’habitude , le stress que je me creais de toute piece et mes crises d’angoisses. J’avais juste envie de me vautrer sur mon transat loué a la journée , a siroter des cocktails et a dormir.
Cannes sentait quand meme la maison de retraite a plein nez et je n’aimais pas tellement qu’on me renvoie la decheance en pleine face. J’ecoutais Downhill racer d’Everything But The Girl et cela me bercait. Je me demandais comment M. s’en sortais seul dans son pays loin la bas. Je l’aimais bien ce petit bout d’homme , meme si on ne se connaissait que par des echanges MSN, il me touchait , me rappellait certain cotés de ma personnalité, j’aurais voulu le proteger et l’aider mais je trouvais en definitive qu’il s’en sortait plutot pas mal , j’avais de l’admiration pour ce petit gars. J’aimerais tellement qu’il arrive a concretiser ses reves mais je vois qu’il se donne les moyens d’y arriver, contrairement a moi peut etre…
Je me demandais comment les gens arrivaient a vivre le quotidien quand ils plaquaient tout , qu’ils abandonnaient leur vie d’avant, pour tout recommencer ailleurs , pour ecrire un autre chapitre. S’ils arrivaient a mettre de coté leurs souffrances , leurs erreurs , leurs blessures, pour repartir de zero, comme vierge de toute vie. J’aurais voulu avoir ce courage.
Celui de se dire en une fraction de seconde que la vie n’est qu’un vaste QCM et qu’il suffit de cocher la case qui nous plait. J’etais sans doute trop peureux pour faire ce genre de choix , trop rivé au sol par mes peurs et mon education.
06/08/2007I'm the one with no soul
Pas d'amour dans le double C, pas de tendresse dans le monogramme, pas de caresse dans la fourrure.
Chaque choses est comme glacée
-Do you feel you're not lovable?
-You know, i think you have certain events happening in your life that makes you feel unloved , so why would allow the risk of that breaking ever again, making it worse...
J'ai presque fini la bouteille et n'ai pas osé sortir de mon si joli petit appartement. Je me dis que je ne pôurrais jamais etre aimé tant que je n'aurais pas reglé les multiples problemes qui me polluent l'ame.
Je cherche dans chaque homme que je rencontre une espece de father figure mais je sais que l amour que je n ai jamais ressenti de mon pere , n'arrivera pas par une substitution.
Ca me brule les yeux d'ecrire tout ca mais je me dis que c'est salvateur.
Je ne suis qu'une resultante des nevroses familliales et je m'y noie. J'en deviens impudique face a moi meme.
I feel like puking. One step closer
Premier verre a 16hoo, je bats mon propre record. Reveillé par la bonne qui passe tout les lundis , j'ai erré comme un zombie dans l'appartement.
J'ecoute de la musique pour adolescent en pleine rebellion alors que j'ai largement depassé la date de peremption. Mal dans mon corps , mal dans ma tete, mal dans ma vie.
J'ai l'impression d'etre un enfant de huit ans avec la vie d'un cinquantenaire. L'argent que je gagne ces derniers temps ne sers qu'a combler les moments d'ennui de plus en plus frequents. Et dire que j'ai fait la betise de me mettre off pendant deux semaines.
Je vais m'en servir un autre.
05/08/2007Lazy dog
Les epais rideaux de lin laissent a peine penetrer la lumiere dans le salon et l'air pulsé par le ventilateur les fait doucement vibrer. Je regarde mes mains fraichement manucurées aller et venir sur le clavier. La fumée de Marlboro me picote la gorge et je n'arrive pas a me decoller du grand canapé de cuir blanc.
Les clips s'enchainent sur l'ecran geant du salon et je ne prete pas attention a la succession de beautés qui s'affichent de facon lascive. J'ai retiré le pendentf en diamant qui m'iritait la peau et regarde brievement ma peau rougie. La journée s'ecoule comme ca , sans heurts ni rebonds. L'ennui est palpable.
Je devrais rentrer chez moi et quitter l'appartement de J. , mon nouveau refuge mais je n'arrive pas a me resoudre a rejoindre ma petite vie d'exil. J'aimerais juste me dire que quelqu'un pense a moi quelque part.
I need somebody to call my lover... 04/08/2007Moving to the morning light.
Un Prozac , un Coca light , une Marlboro. Le petit dejeuner en somme. J'ai du mal a emerger et a me decider a faire quoi que ce soit.
Je releve le courrier glissé sous la porte et jete rapidement les invitations , pas envie de socialiser. Je pose sur la cheminée en marbre les cheques de mes differents clients. Ces morceaux de papier ne representent pas grand chose.
Je laisse sonner dans le vide mon portable, un de mes anciens amants a envie de remettre le couvert et ca me motive moyennement. Les grands sacs en cartons de l'avenue Montaigne sont empilés dans un coin et je n'ai meme pas pris le soin de sortir mes achats du papier de soie dans lequel sont emprisonnés ces vetements que je porterais meme pas. La table est jonchée de recus de CB , de billets froissés et de paquet de cigarette eventrés.
L'immeuble est deserté , rien ne bouge. Seul le mix de Dj Kose que je mets bien trop fort derange la tranquillité de ce mouroir.
Je me rends compte que quand je ne travaille pas , ma vie est d'un ennui rare. J'hesite a reprendre un cachet, mais pas tres longtemps. Une autre gorgée de Coca light pour faire glisser le cachet bicolore le long de mon oesophage.
J. m'appelle et me propose de sortir. Je sais que ca va finir en terrasse avec un whisky coca dans les mains et ca me donne un leger sourire.
J'ai encore le temps de grandir.
02/08/2007Take it like Tony Ward
Vautrés sur la terrasse, nous papotions de tout et de rien , riant volontiers de nos blagues plus que lourdes, enchainant les verres et les cigarettes. Je balancais mes jambes dans les sacs de shopping gisant sous la table et je me sentais plutot bien.
J. me donna un leger coup de coude pour que je tourne la tete et regarde le trottoir d'en face. Et je me suis figé.
Mr Big.
Il etait la avec ses amis marchant tres lentement histoire de me devisager.On se serait cru dans un mauvais clip de R&B. Ses amis souriaient et lui me faisait un grand sourire carnassier. Il avait un changé , pris du muscle et remodelé un peu sa silhouette. Je le trouvais toujours aussi beau mais j'avais la nausée.
Puis il porta sa main a sa bouche et m'envoya un baiser a travers les airs.
Je suis resté interdit, ne bougeant plus. Je sentais J. fulminer a mes cotés. Je l'ai regardé partir doucement , le filtre de ma cigarette me brulant les doigts.
Je ne fis pas de commentaires et repris un verre.  |
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