J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you" Je mange : light Je bois : du whisky-coca as usual.... Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton Je pense : a la personne que je devrais etre Je rêve : a la personne que je devrais devenir (mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)
Toujours de la fievre, toujours autant d'ennui. Je n'arrive pas a trouver la motivation necessaire pour relancer ma carriere. Je preferais passer mes journées a repousser les echeances et a arpenter les boutiques du triangle d'or. Flanqué de mon assistante qui tentait tant bien que mal a me pousser a travailler , je faisais du leche vitrine , essayant de noyer mon desarroi dans le tourbillon du shopping.
La vendeuse de la boutique Chanel me fit un grand sourire lorsqu'elle me vit franchir les deux lourdes portes en verre et metal. Elle nous entraina dans un coin plus calme de la boutique envahie d'une clientele heteroclite , entre japonaise hysterique et libanaise blindée.
Confortablement installés dans un canapé recouvert de tweed prune , je la regardais me faire l'article ,les nouveaux sacs , les nouvelles lunettes , bref tout ce qui pouvait me donner envie de degainer la Visa Premier.
Pendant ce temps j'echangeais des sms pleins de mepris envers M. et il me le rendait bien. Au bout de vingt minutes de ce cirque, j'en avais assez et je voulais me retrouver dans mon cocon. Je choisis un grand sac histoire de caler toutes mes affaires et un collier comme si j'en avais besoin. La vendeuse m'offrit une superbe vision de ses facettes recement posées sur sa dentition et s'empara de ma carte de credit.
Apres avoir recuperé les paquets que mon assistante portait a bout de bras , je me suis engouffré dans la Mercedes noire qui patientait gentillement devant la boutique. Scotché au telephone avec ma mere , je lui pretextait une remontée de fievre pour eviter de la voir, et j'ai enfin pu me refugier dans ma bulle.
La je me suis defait de tout mes artifices et j ai passé de longs moments a parler avec J. de tout et de rien , de la vie , de nos attentes et de nos deceptions , de notre amitié. Et je me suis senti bien, sans angoisse, sans l'envie pressante de me defoncer ou de pleurer , juste bien , presque normal.
Mes nouveaux achats se reposeront ce soir au pied de mon lit calés dans leur emballage de papier de soie et je sais que demain j'irais bien et que j'avancerais. C'est peut etre ca devenir adulte.
Avec quarante de fievre, je pensais que j arriverais a dormir , et je me suis trompé une fois de plus. J'ai pourtant commencé la journée sur les chapeaux de roues , les lunettes Chanel collées sur mes paupieres rouges et gonflées , deux anti-douleurs dans l'estomac et le teint plus blafard qu'a l'accoutumée.
Les passants etaient assez desapointés de me voir au petit matin , sortir du taxi avec l'air aimable de Victoria Beckham , cramponné a mon sac Hermes , la bouche camouflée dans mon pashmina pour ne pas vomir sur le sol. J'en ai bousculé pas mal de ces badauds aux vetements informes et a la coiffure improbable pour me frayer un chemin vers les backstage où mon agent m'attendait en fulminant.
La musique hurlait dans tout les sens et j'avais l'impression de marcher sur des enceintes. Elle ne me fit pas trop de reproches quant a mon etat mais me rappella quand meme que c'etait mal venu d'etre malade en ce moment. Oui effectivement ca prouvait que j'etais humain, donc ca ne devait pas entrer en ligne de compte.
Elle me donna les dates de mes jobs suivant que je notais sans vraiment comprendre ce qu'elle racontait , je me disais que mon assistante la rappellerait pour avoir des infos et me detaillerais le tout.
Deux bisous par-ci par-la, une copine mannequin que je croyais a la retraite a vingt cinq ans mais qui s'accrochait quand meme, ne sachant rien faire d'autre que d'etre grande et maigre. Un photographe cocainomane m'a embrassé sur les deux joues facon mama et un autre m'a meme mis une main au cul , genre on est tellement proche dans le milieu de la mode. En meme temps au telephone, j'annulais mon option pour Cuba et prenait des rendez vous pour la semaine comme si j'etais dans une forme olympique.
A ce moment la , j'avais envie d'etre vautré dans mon canapé avec mon jogging Adidas, facon Madonna se rend a son cours de pilates , un thé aux fruit rouge dans la main et les volets clos. J'ai du pourtant sourire pendant dix heures d'affilée , pretendant etre au comble de la joie , etre drole , avoir de la repartie et cacher les sueurs froides que me provoquait ma pseudo grippe.
M. sortait de ma tete peu a peu, au fur et a mesure de ce que j'apprenais , les recoupements que je faisais avec les "copines" du ghetto qui me donnaient son agenda exact aux heures où il pretendait etre au travail ou en famille. Il ne me restait que sa bague a ranger au fond de la boite a bijoux et classer sa photo dans la categorie " les mecs qui se sont foutu de ma gueule"
Une de plus , rien d'important au fond.
Comme dirait mon amie N. , "You're so fucked up!! " (Ajouter l'accent californien svp)
Mes aspirations de rehab se sont fait la malle en meme temps que ma carte Premier dans les sabots des boutiques de l'avenue Montaigne. Une paire de chaussures Gucci dont je n'avais pas besoin, des boucles d'oreilles Chanel et d'autre choses griffées dont je n'avais rigoureusement pas besoin. Mais ca m'a occupé.
Gimme, gimme more...
Pas envie de bosser mais j ai accroché mon sourire numero 12 histoire d'obtenir ce que je voulais pour mon prochain taff...
Eh oui j'ai replongé. Sans elegance , la volonté dans les Dolce , je me suis rué sur la bouteille que j'avais caché sous le lavabo de la cuisine pour eviter que J. ne me fasse un scandale. Il est encore parti de l'autre coté de la planete pour serrer des mains et faire des sourires et je reste seul avec mes galeres et ma solitude.
Pas envie de bosser, j'ai une assistante pour ca. Pas envie de socialiser, je n'ai pas trop la force de faire SoS-detresse. Alors je filtre comme a ma grande habitude. La télé en silencieux avec les images immondes de Pink Narcissus et les yeux rivés sur l'ecran de l'ordinateur.
Je n'ai pas l'humour ou le troisieme degré de certains et souvent on me prend pour une pauvresse toxico mais j'espere etre plus que ca.
J'ai envie d'etre aimé , c'est con non?
J'aimerais que M. soit honnete mais j'ai de plus en plus de mal a y croire. Encore une nuit seul a attendre my so called boyfriend qui trouvera une nouvelle excuse minable pour me faire attendre. Il doit aimer le fait de me sentir sous sa coupe.
Je voudrais juste qu'on m'aime. Un petit peu ca serait deja pas mal.
J'ai des gens qui tiennent a moi , j'en decouvre tout les jours mais ca ne suffit pas. I want more.
Un dernier verre pour la route, de toute facon je suis perdu.
C'est pas tellement grave en fait.
Troisieme jour sans alcool , j'essaye de ne pas me jeter sur la bouteille meme si j y pense en permanence. Dans le taxi qui me ramenait de ma reunion a la con, je revais de me descendre un verre.
Pour contrebalancer l'envie pressante, je me suis lancé dans un trip Bree Van De Kamp, a tout ranger meticuleusement , a tout reorganiser facon AD , genre ma maison est inhabitée.
M. aussi m'a copieusement agacé a me gaver encore de promesses et de jolis mots , alors que dans le meme temps J. me forwardait une conversation d'un pauvre type qui draguait M. sur le net. Drames et melodrames , super cheesy facon Melrose Place, a en avoir la nausée.
Deux anti douleurs mais impossible de m'assoupir, mes yeux restent grand ouvert et je cogite comme un con.
La rehab n'a pas que du bon , ca force a affronter ses propres demons au lieu de les endormir.
Quatre heures passé et le sommeil ne vient toujours pas. J'ai fini miserablement mon deuxieme paquet de Marlboro et entame le troisieme. J'ai reussi a resister a l'appel de la bouteille qui me reconforte si souvent.
J'ai froid en fait. J'ai l'impression que ma peau est trop tendue, me tiraille , m'insupporte.
J'aimerais une envolée romantique mais rien ne vient. Je reste la a contempler les vestiges de ma jeunesse , le petit bar en bas de chez moi ferme dans deux semaines , une nouvelle page se tourne. Mes idoles vieillissent , se cassent la gueule sans panache ou meurent dans l'indifference la plus complete.
J'ai reussi ma vie. Je suis dans un joli petit appartement , meublé avec gout (dumoins le mien) , de l'argent sur mon compte , un dressing griffé , une femme de menage qui s'occupe de ce qui m'ennuie, le restaurant midi et soir.
La vie de reve en somme. Mais en fait non . Le revers de la medaille sans doute.
J'ai un gros rendez vous demain pour un travail surpayé qui me fait bailler d'ennui a l'avance et je n ai pas envie d'y aller. J'aimerais tellement avoir de nouveau huit ans et que ma mere me fasse un mot d'excuse pour que je puisse rester sous ma couette avec mon petit univers.
Ce soir je dormirais avec mon ours en peluche elimé et la veilleuse high tech pour adulescent que J. m'a ramené de Hong Kong, sans doute avec l'Ipod dans les oreilles , histoire de ne pas ecouter la solitude resonner contre les murs couverts de tableaux.
Deux jours sans boire, je pourrais taper sur tout ce qui bouge. Je me suis vengé sur la nourriture a la place et j'ai failli vomir mon quatrieme Big Mac sur la table basse en verre. J'ai envie de poppers , de retrouver cet etat de defonce que j aime tant et qui me permet de m'abandonner.
M. m'a rappellé une fois de plus , la voix remplie de miel et de mots gentils, me faisant croire que nous etions encore ensemble. Il est censé m inviter a diner demain , j'ai du mal a y croire. Ca sent la rupture minable dans un sushi bar anonyme, mais j'y foncerais tete baissée comme d'habitude.
Je prendrais bien des anti douleurs histoire de dormir.
Encore une journée dans le brouillard, apres une enieme nuit de defonce. J. m'a copieusement reproché mes exces en tout genre et a pris un malin plaisir a me rappeller les choses que mes neurones grillés ont effacé automatiquement.
Je n'ai qu'une succession de flashs , je me rappelle le popper collé a ma narine , la langue de X. que je gobais sur la piste, les pseudos discussions avec une jeune fille perdue au milieu des pedales, l'odeur du cheeseburger de cinq heure du mat , la voix de M. au telephone au lever du soleil. Mais je ne sais pas les details , tout est flouté.
J. me reproche ma chute mais ne veux pas que je reste chez moi ce soir, il veux que je sorte encore une fois meme s'il sait les consequences.
Paradoxe...
Apres tout c'est sans doute le mot qui me caracterise le mieux. D'un coté j'ai envie de continuer cette fete perpetuelle , faite de rire et de defonce , mais de l'autre coté j'ai envie de vert , de spiritualité et de serenité.
Comment concillier les deux? Je vais devoir faire un choix puis choisir un chemin. We'll see...
Apres un coma merité dans mon vaste canapé avec LCI en musique de fond, j'ai du me lever sous les appels incessants de mon agent qui voulait encore me donner un job surpayé. J'avais envie de tout sauf de ca. Je l'ai rappelé, la voix trainante et l'enthousiasme dans les Dolce. Du coup elle a surjoué le role de l'agent-nanny-comptable-bonne copine , m'expliquant que c'etait toujours bien d'avoir de l'argent et que ca pouvait etre un booster pour ma carriere. Bullshit.
Moi je m'identifiais plutot a Britney , hagarde sur la scene des VMAs se demandant comment elle avait pu tomber comme ca. Je pris l'option sans grande conviction et repondit a mon agent que je verrais selon mon agenda.
J'ai passé l'apres midi a faire de la peinture et a appeller les copines plutot que de travailler mes relationship , et le tout sans meme une once de culpabilité judeo-chretienne. Je n'attendais meme plus apres M. ayant été trop decu par ses annulations a repetitions.
Pourtant il semblait revenir dans le droit chemin, enfin c'est ce qu'il pretendait par ses coups fils enrobés de miel. Et j'avais envie de me laisser pieger meme si je sentais le coup fourré a cent metres. On verra bien demain, si j'entends le reveil....
Ce matin , j'avais honte. Je regardais les gens dont je partageais le trajet dans ce wagon de metro. Des "honnetes gens", se dirigeant vers leur lieu de travail. On pouvait lire dans leur costume mal coupés qu'ils etaient usés avant l'heure , abasourdis par des journées a rallonge dans des bureaux remplis d'ennui. Les femmes boudinées dans leur tailleur Jennyfer feuilletaient les dernieres frasques des pseudos star dans les tabloids, histoire de se moquer des millionaires a cellulite et de ne pas penser aux remboursement de leur credit a la conso.
Et je me suis senti tellement decalé.
Je rentrais chez moi apres une soirée de defonce où j'avais laché l'equivalent du salaire de ma voisine de trajet dans une serie de verres pour mes amis. Mes yeux puaient l'alcool et j'avais du mal a respirer ,ma cloison nasale defoncée par le poppers de la veille. J'etais trop looké avec mes diamants, mes double C, mon sac estampillé été 2008 offert avant meme sa sortie en boutique ,mon baggy en jean trop faussement elimé, j'etais trop, j'etais de trop.
Alors je regardais mes pieds confortablement calés dans mes baskets a deux cent euros en me concentrant sur la chanson d' Andreas Kleerup et Robyn, je ne voulais plus affronter leurs regards que je sentais lourd de reproches. Ils allaient se tuer a la tache pendant huit heures d'affilée et j'allais glander dans mon si joli petit appartement , a fumer clope sur clope , en me remplissant de series americaines et de cookies bourrés de lipides. J'allais commander des rideaux sur mesure, accrocher des gravures du XIXeme , et me plaindre de la bonne.
J'etais devenu le petit con que je ne voulais pas etre. Une caricature de moi meme.
Deux somniferes et un coma en regle dans le canapé devrait m'absoudre et je pourrais reprendre le cours de ma vie superficielle.
Le nez remplit de poppers , je me dechainais sur le dancefloor, gavé de musique et de stroboscopes. J'essayais de ne pas penser a M. , a m'amuser avec mes amis alors que je n'avais qu'une envie , celle de lui peter sa jolie petite gueule a coup de barre de fer.
J. essayait tant bien que mal de me refreiner mais je ne lachais pas le rythme narine-gosier propice a la fete dans ce genre de club. Je voulais qu'il n'existe plus et que je puisse enfin passer a autre chose.
Puis je l'ai apercu dansant sur le podium. Il me voyait parfaitement , plantant ses yeux miels dans les miens malgrés les trente metres qui nous separaient. Il dansait lascivement sans me quitter du regard. J'avais envie de lui planter un poignard dans la gorge mais je n'avais rien de tel sous la main , a part les talons aiguilles de la connasse qui se dandinait a coté de moi.
Contrairement a mon plan initial, je me suis retrouvé a parler avec lui dans cet escalier que j'avais arpenté tant de fois lors de ma jeunesse. Apres l'avoir repoussé quant il a essayé de m'embrasser , je lui ai jeté un ultimatum, brandissant la bague qu'il m'avait offert comme un declaration de guerre.
"Tu restes avec moi et on denoue la situation , ou tu me quittes et je te souhaite le meilleur du monde..."
Il ne sut pas trop quoi repondre , puis me serra dans ses bras et me dit que rien n'avait changé. J'avais envie de le croire.
J'avais peut etre changé en route , il me faudrait continuer la route pour le decouvrir...
Encore un coup d'epee dans l'eau. Il ne viendra pas meme si secretement je souhaite le contraire. Je me suis fait avoir une fois de plus.
Pourtant au fond de moi, je me dis que tout va s'arranger et que mes doutes vont se dissoudre dans mon verre de whisky coca. Je ne comprends pas ce qu'il est advenu du garcon qui m'appelait a huit du matin juste pour m'embrasser, qui ouvait m'envoyer quinze textos par jour histoire de garder le lien.
J'avais envie de l'appeller et de l'insulter mais je n'avais aucun courage, aucune force de l'entendre de sa bouche ce " a plus tard?" qu'il me seravit depuis des jours.
J'avais encore parié sur le mauvais cheval mais les pronostics etaient pourtant bons. Je ne m'ameliore pas avec l'age bien au contraire, je suis encore plus mauvais au jeu de l'amour. Comme si ce mot avait encore un sens.
Un soir de cuite j'avais sorti a J. "L'amour est un concept petit bourgeois..." Il m'avait regardé completement atterré devant l'enormité de ma phrase. Il avait sourit et m'avait repassé la bouteille de poppers en me disant que ca pourrait pas me faire de mal de griller deux neurones de plus.
Il avait raison , je n'etais plus a ca pres.
Je devrais me raser le crane a la Britney et prendre ce billet d'avion qui me fait tant rever. Mais je sais que je ne le ferais pas. Pas de courage. Je devrais peut etre prendre rdv avec le magicien d'Oz , il doit en avoir en rayon. Ou un autre produit miracle...
Je savais a l'avance que J. ne manquerais pas de remarquer les coupures sur mes mains. Comment lui expliquer que cela m'aidait , dumoins je le croyais.
C'etait incroyable avec quelle facilité le scalpel pouvait glisser dans l'intimité de la chair humaine, sans meme trop appuyer. Cela picotait un peu mais sans plus.
J'aimais voir le liquide rouge profond perler a la surface de mon epiderme comme si j'arivais a evacuer quelque chose, a vider les amertumes que je gardais si soigneusement enfermées dans cette coquille.
Je sentais le parfum, le sang seché et l'alcool. Je me detachais des contigences usuelles et cela me rendait plus leger. L'anneau que m'avait offert M. reposait a coté du scalpel a peine souillé. J'avais tiré les rideaux et je restais dans une penombre a peine violée par les bougies.
Ca n'etait pas un appel au secours ni une Ts. , juste une facon de s'exprimer. Un moyen d'expier.
"I would cut my arms, not to kill myself i didnt want to die. I know Im lucky to be on this earth. I did it so the physical pain would come and take the pain who was eating me inside. Nothing was erased. I live with my past tooked away deep inside of me"
Tout est distordu. Ma vision des choses , mes envies, mes esperances. Gavé d'images et de clichés, je n'arrive pas a savoir si je veux vraiment tout ca ou si ca n'est qu'une resultante de ces années de bourrage de crane.
J'ai presque epuisé le paquet de Marlboro que j'ai entamé en guise de petit dejeuner. Il me ressemble , presque vide, abimé dans les coins , mais encore la.
J'ai vidé l'armoire a pharmacie a la recherche d'un cachet de Prozac mais je n'en ai plus en stock et j'ai a peine le courage de m'habiller pour aller en racheter. Juste envie de me servir un verre. Meme si ca n'est pas l'heure pour les gens biens.
Mais je ne suis pas quelqu'un de bien.
Le pire c'est que je ne suis meme pas triste, juste bored. Je connais presque toujours le deroulement des evenements, ca n'a rien de vraiment excitant.
J'aurais peut etre une surprise plus tard mais j'en doute...
Pour une fois je prends de l'avance. Je me prepare au deuil de cette relation dont j'etais le seul a croire. Je suis le specialiste pour me bercer d'illusions , d'images naives aux couleurs acidulées. Et j'ai envie d'y croire a chaque fois, me dire que c'est possible. Mais je dois avoir des problemes de methode, ou etre le probleme tout court.
Et a chaque fois je mords la poussiere, c'est juste une question d habitude.
Au fond de moi , git une petite etincelle qui essaie de me dire qu'il appellera ou qu'il me fera la surprise de passer, mais je n'y crois meme plus. De la lucidité sans doute.
La bouteille est fidele au poste , les calmants aussi. Je passe la soirée avec eux a ecouter de la soupe pour adolescentes romantiques et a fumer des Marlboro.
"Ne regarde jamais les gens en bas , ils sont satisfaits de leur petite vie. Tu dois toujours regarder au dessus sinon tu seras minable comme eux."
Cette phrase m'a ete repetee comme une litanie pendant toute mon enfance et je l'ai integree malgré moi dans mon mode de fonctionnement.Pourtant rien n'est vital dans tout ca , je la sais parfaitement. Je devrais me contenter de ce que j'ai mais je n'ai pas été elevé comme ca.
Du coup je suis un perpetuel insatisfait , attendant toujours plus, visant toujours plus haut. Pendant mon rendez vous a la banque , je faisais du charme a la chargée de clientèle , la chemise Dior trop ouverte sur mon torse debronzé. Elle n'arretait pas de regarder le pendentif en diamants que F. avait fait pour me remercier de mes services. Et pendant que je negociais avec elle je me rappellais comment ma mere m'avait appris qu'on povait obtenir ce qu'on voulait des autres en leur donnant ce qu'ils voulaient , ou dumoins en leur faisant croire que c'etait possible.
Je suis ressorti de la quelques heures plus tard avec la banquiere sous le charme de ma bourgeoisie decadente et delestée de quelques dizaines de milliers d'euros. J'ecoutais The Flirts en boucle et ca me faisait rire de jouer ce personnage.
Avec M. les choses n'etait pas comme je le souhaitais. J'avais baissé la garde trop vite et je me retrouver a passer mes journées a jouer au chat et a la souris avec lui. Le telephone etait le seul lien qui nous unissait , discordance d'agenda oblige. Ca ne m'enchantait vraiment pas de devoir passer par ce stade dans la relation car cela ne fait que renforcer ma paranoia et ma peur de l'abandon.
Il m'avait promis de me rejoindre dans la nuit et j essayais de ne pas attendre. Un autre verre pour le gout , un peu de poppers pour la heatwave, ca devrait faire l'affaire.
Je devais me resaisir et reprendre le controle dans cette relation si je ne voulais pas me faire devorer une fois de plus.
Je me doute que M. ne passera pas ce soir je commence a me faire a l'idée que je me suis fait avoir une fois de plus. Amy Winehouse deverse sa misere et je reprends du poppers.
N. vient de partir et ca m'a fait du bien de me croire a LA l'espace de quelques heures. un peu loin de moi , un peu loin de tous, un peu loin de tout.
Trois Pringles pour diner c'est deja pas mal , le regime attendra. Je me fout de la suite des evenements, j'ai juste envie de le voir...
Une rasade de whisky coca et deux bouffées de poppers , mon nouveau peché mignon, voila ma soirée.
Mon histoire avec M. semble deja battre de l aile et ca ne devrait pas me surprendre. Je suis habitué aux histoire bancales.
J'ai tapé la discute avec le chauffeur de taxi plus que mignon , qui m'a laché des cigarettes et aurait pu me lacher de la C. si j'avais un peu plus insisté. Je suis comme ca, je n'arrive pas a communiquer avec ma propre famille mais je peux devenir proche d'un illustre inconnu en moins de dix minutes. Ma vie n'est qu'une suite de paradoxes.
On me mets en garde contre M. , me disant les pires insanités sur son compte, que ca n'est pas un mec pour moi , que je merite mieux , blah, blah, blah... Et je n'en fais qu'a ma tete.
Je fonce dans le mur en connaissance de cause et je souris quand meme. Je dois etre un peu maso, beaucoup en fait.
Un coup de poppers pour la route , j'aime bien cette nouvelle defonce couplée aux autres. Un nouveau champ de possibilités, une nouvelle maniere d'oublier que je deguste.