J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you" Je mange : light Je bois : du whisky-coca as usual.... Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton Je pense : a la personne que je devrais etre Je rêve : a la personne que je devrais devenir (mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)
5h30.
J'ai du mal a croire l'heure affichée en digital.
En fait je comprends que je ne dors plus qu'avec des multiples de deux. Deux heures, quatre heures , six heures rarement plus. La nuit est encore installée confortablement sur l'immeuble bourgeois et mes yeux sont grand ouvert. Je traverse l'appartement dans la penombre et prends un livre au hasard , histoire de m'occuper autrement que sur l'ordinateur.
Je lis les quatre cent pages en moins d'une heure, mon cerveau fonctionne comme une eponge et les pages s'enchainent a la vitesse du son. Je fume mollement les Marlboro qui trainent sur le chevet et dont la cendre tombe regulierement sur le livre.
Une fois le livre fini , je me prends une douche et je descends le thermostat au fur et a mesure pour que l'eau devienne quasi glacée. Comme je faisais lors de mon été a Barcelone.
Je reste longtemps a me savonner et a rincer plusieurs fois d'affillée comme si je devais me debarrasser de quelque chose collée a mon corps. J'aime jouer avec la texture translucide du gel douche et je regarde avec curiosités les asperités et les replis de mon corps. Comme si je le decouvrais.
Puis je me saisis du grand tube de shampoing et me verse une bonne dose du sirop brunatre dans le creux de ma main. Je scrute le produit marron glacé avec attention , j'ai l'impression d'etre en montée d'acide.Je place mon visage sous le pommeau et laisse l'eau me noyer pendant que je frotte mon cuir chevelu. Puis je reste quasi immobile sous le flot pendant un long moment , sans reflechir, sans rien ressentir si ce n'est la violence du jet sur mon epiderme.
Une fois sec , je m'habille sommairement et me dirige vers le premier café en bas de chez moi. Je sirote de l'eau minerale glacée en observant la vie se mettre en route derriere la vitrine de l'etablissement. Je vois tout ces gens presser le pas, le nez dans leur echarpe et les mains fermement calées dans les poches de leur manteau. Je ne le juge meme pas , ils me sont indifferent.
Je pense a ce que je devrais faire , a ce que je devrait etre , a une nouvelle vie, de nouvelles perspectives. Aucune reponse a l'horizon. Aucun rebondissement , je me sens atone.
Une petite fille a couette me fais un coucou en passant et je souris. La journée devrait etre belle.
Des que je m'allonge dans ce grand lit et que j'essaye de clore mes paupieres, mes yeux s'ouvrent automatiquement comme ceux des effrayantes poupées de petites filles. Je me doute que le le sommeil ne fera son apparition qu'au lever du soleil ; je commence a etre rodé.
Alors je trompe mon ennui en observant la vie des autres , que je trouve forcement mieux. La mienne je la laisse en jachere. Un laxisme que je ne cherche meme pas a justifier aupres de J. qui s'etonne de me voir me relacher apres ces années d'acharnement a travailler, a combler la moindre minute de mon temps pour eviter de penser.
En ce moment , je pense a tout , je ne pense a rien. La tete dans une masse de nuages gris, je regarde la vie glisser entre mes doigts et je ne fais rien pour m'en saisir. J'ai l'impression de juste traverser un couloir sans vraiment m'arreter et je me demande quand je vais sortir de ma lethargie.
C'est sans doute une nouvelle facon de vivre sa solitude , celle qui survient quand on est dans un endroit bondé de gens qu'on pense connaitre et qui resteront toujours a la porte de mon intimité. Cette solitude qui fait qu'on en arrive a jalouser les autres et a s'assecher plus vite que la moyenne.
Mais etrangement, dans cette carcasse que j'endure jour apres jour , les sentiments se mettent en sourdine , calfeutrés par des stratagemes imbeciles , du bruit en permanence pour ne pas a avoir a ressentir.
Et je me dis qu'en definitive, j'aime bien ma vie. J'ai des ajustements a faire mais je devrais me contenter de ce que j'ai plutot que d'attendre des choses qui n'arriveront bien sur pas.
Samedi, alors que je luttais contre les nausées et les sueurs froides qui s'emparaient de ma carcasse , je pris ma mere par la main pour aller faire un enieme tour chez Chanel.
Sanglé dans ma saharienne en cashmere , je promenais ma genitrice , serrant des dents pour ne pas faire un malaise sur l'epaisse moquette de la rue Cambon. Elle essayait des dizaines de paire de chaussures sans trouver son bonheur pendant que je detournais les yeux des ecrans plasma qui passaient en boucle le dernier defilé dans une succession d'images stroboscopiques.
Apres deux heures de shopping sans grande conviction dans le Triangle d'Or, nous avons atteri dans les moelleux fauteuils club du Grand Hotel. Confortablement installés dans les cocons de cuir aubergine , nous pouvions enfin nous confier , echanger un peu, avoir la relation complice que nous avions toujours entretenue. Elle me parlait enfin de moi , elle voulait savoir ce qui etait arrivé avec M., si j'arrivais a gerer la solitude de la vie gay et la pression d'un metier exigeant. Je lui offrais des demi-reponses , politiquement correctes en y injectant un peu de ma verité mais sans trop insister sur mes failles.
Elle etait beaucoup trop protectrice pour supporter d'entendre le recit de ma vie decousue , de mon coeur pietiné a de multiples reprises , de mes tentatives de suicides , de mes addictions , de mes descentes aux enfers. Elle n'aurait jamais été assez forte pour encaisser tout ca. Elle me voyais encore a huit ans , jouant sagement dans ma petite chambre de banlieue, dessinant des heures entieres et ne vivant que par et pour elle.
Elle alluma de nouveau une cigarette mentholée et l'odeur me souleva le coeur. La musique de Morcheeba qui planait dans le bar n'aidait en rien et je pris l'excuse d'une envie pressante pour quitter la table l'espace de quelques minutes. Dans le grand escalier de marbre blanc qui menait aux toilettes , le sol tanguait et le coeur battait aux portes de mes levres. Je titubais vers les lavabos en priant de ne pas m'evanouir sur la moquette baroque, la gerbe aux levres.
Devant la grande vasque blanche , je me suis passé de l'eau glacée sur le visage et me suis rincé la bouche sous le regard indifferent de deux business men en costume sombres qui pensaient sans doute que je faisais une overdose ou que j'etais saoul. Mon front etait brulant et mes yeux me piquaient.
Je me scrutais dans le grand miroir cadré d'or et je trouvais que je donnais encore le change. Je pris le temps de reprendre ma respiration et me suis epongé le visage , histoire de ne pas me trahir.
Revenu dans la salle , je la regardais de loin et je la trouvais toujours aussi belle a presque soixante ans. Les cheveux blonds impeccablement brushés et les yeux fardés , elle tirait de petites bouffées de sa fine cigarette blanche en jetant un regard legerement meprisant sur les clients grossiers qui se goinfraient de macarons sans retenue. Elle n'avais jamais depassé la taille 34 sauf pour ses grossesses et s'etait toujours imposé une stricte discipline pour eviter de prendre le moindre gramme, signe de faiblesse pour elle. Dans son tailleur noir cintré, elle etait d'une classe folle , ses jambes gainées de voile noir et perchée sur des talons pour me faire plaisir.
Le foulard de soie monogrammé de rouge s'accordait au lipstick Mac que je lui avais ramené. Elle avait cette beauté froide des gens qui se sont construits seuls , partant du plus bas de l'echelle et n'ayant pas peur des sacrifices a faire pour y arriver. Elle aurait pu se fondre parfaitement dans un film de David Lynch et je l'admirais beaucoup pour ca , pour cette elegance sans concessions.
Je la rejoignais et l'embrassais tendrement sur la joue pendant qu'elle ecrasait son megot dans le grand cendrier de cristal. Elle deposa un billet sur la table et reajusta son sac sur son epaule. "Je te ramene chez toi? "
Je pouvais lire son amour inconditionnel dans la grandeur de ses yeux caramel soulignés de khol. J'avais envie de fondre en larmes et me jeter dans ses bras.
Bien evidement, je me suis retenu, mais je savais a ce moment la que j'etais aimé.
A plus de trois heures du matin , alors que j 'aurais du sombrer dans un sommeil merité , je laissais les larmes rouler sur mes joues distendues par l'alcool en revoyant pour la trois millieme fois ce clip d'Ollano que seul Improving et Pheel devaient se rappeller.
Quand ce clippassait je voyais ma vie future , remplie d'amour et de challenges, d' epreuves a surmonter et de coups de poker a jouer , mais le tout avec la presence de quelqu'un qui m aime.
A ce moment la je ne pouvais plus m arreter de pleurer sans la moindre raison , j'aurais voulu sentir la main osseuse et tiede de ma mere posée sur ma nuque , me disant que ca irait.
Je ne savais pas pourquoi mais j avais l impression que les choses ne feraient qu empirer et que je perdrais le controle.
Cette video me rappellait mon adolescence dans l appartement familial, où je me refugiais dans mon monde imaginaire, peuplé de gens comprehensifs et sans jugements, qui m aimeraient pour moi et pas pour autre chose.
Mais la vie etait loin d'etre en cinematique et le pull en mohair rouge ne suffisait pas a combler mon coeur comme chantait LNA . J'avais beau essayer de reproduire la synopsis, ca ne collait pas et les larmes ne voulaient pas arreter leur course.
"Cuz You're loving me for me " disait la chanson que j'avais avec Mr Big. C'est ce que je croyais avec lui, en realité , il n'avait besoin que d'une super nanny de passage.
Je fais de mon mieux pour me desintoxiquer mais c'est loin d'etre facile. Je replonge regulierement mais J. est la a mes cotés pour m'empecher de sombrer completement.
Mais quelque part je me sens un peu plus fort chaque jour et je sais que j avance petit a petit. Je parlais avec M. de mes envies de Mere Theresa et ca le faisait rire. Moi aussi quelque part mais je savais pertinement au fond de moi , je lacherais un jour les paillettes et le glamour pour m occuper de ceux qui en ont besoin.
Ca semble cliché mais je sais que cela se passera comme ca. Il faut d'abord que je m aide avant de pouvoir aider les autres. Et ca ne sera qu'un juste retour des choses.
Encore une nuit avec peu de sommeil mais beaucoup de bonnes resolutions.Je ne sais pas si j arriverais a les tenir mais j'ai envie au moins d essayer. That's a first...
Je sais bien que j ai fait ces promesses un bon milliard de fois mais je me dis que cette fois sera la bonne. mes vrais amis me soutiennent et me poussent a faire mieux, il veulent qu je m'en sorte. They really do.
J'ai parlé a J. de mon fake sur le net et il a ri en me disant que c'etait le debut de la celebrité que de me faire copier. Que je devais passer outre et me dire que si quelqu un me portait assez d'interet pour me decorticter, c'est que je ne devais pas etre quelq un d'insignifiant.
J. me soutient aussi dans mes choix de vie , dans mon breakdown emotionnel comme dans ma nouvelle envie de retravailler.
Il sait parfaitement que les gens du milieu attendent que je fasse mon come back et que je me plante en beauté. je ne leur ferais pas ce plaisir la.
D'ici six mois, je serais clean ( quasiment j'espere) et je serais au climax de ma carriere.
We'll see
J'ai passé une soirée delicieuse avec des gens que j admire et que je respecte, avec qui nous avons pu avoir des conversations futiles et tres constructives, nous avons ri , nous avons ete grave.
Avec mes amis around the world, j'ai pu prendre la temperature des quatre coins du globe, on a echangé sur l'impossibilité de trouver quelqu'un de bien , sur la futilité de nos vies et sur leur extreme gravité.
On a discuté en vrac de la mort , du retour du fluo , du rechauffement de la planete et des difficulté a trouver du personnel qualifié. C'etait leger et serieux en meme temps.
On a bu , pris des substances , signé des cheques er rigolé comme des ados. ca m'a fait un bien fou.
J'ai appelé mon assistante a une heure du matin pour la felicité et J? a six heures pour rire d'une vanne eculée.
Ce matin , je me sens bien , la fievre a disparue et je fourmille de projets et d'envies. Je vais avancer et c'est exciting...
by the way, j'emmerde ceux qui ne m aiment pas et qui n'osent pas venir me le dire en face... This who I am...
Bloqué une fois de plus a la maison par de la fievre , je trainais sur myspace, regardant la vie figée sur ecran plat. Et je me disais que pour une fois je valais aussi bien que ces gens. Qu'en prenant ma destinée en main ,je pouvais arriver où je voulais.
Je me sens souvent attaqué, en pleine paranoia. j'ai le sentiment que les gens me regardent comme une bete curieuse quand je traverse Paris , le sac Chanel a l'epaule et les yeux cernés. J'entendais vaguement les commentaires en passant , je connaissait les bruits de couloirs, les fakes du net. Et je devais accepter cette regle du jeu.
Center of attention, even when you're up against the wall
Ma santé n'etait pas au climax et mon humeur non plus. J avais l 'impression de me noyer et que les gens ne faisaient que m'appuyer sur la tete, que je devais ne compter que sur ma volonté pour m en sortir. Et pas sur mes fameux cocktails alcool + medocs.
J'ecoutais en boucle le nouvel album de Britney qui avait mysterieusement atterri sur le net et, j'etais scotché des la premiere ecoute, ayant un echo a ces moments de souffrances et de ras le bol qu'elle essayait d'exprimer. Le casque vissé aux oreilles, je me disais que si elle , avec la quantité de galeres qu'elle traversait et le nombre incalculable de casseroles qu'elle se trainait, si elle y arrivait , je pouvais faire de meme. Voire meme mieux.
They want more?
Well I'll give them more
Au meme moment N. , mon amie lesbienne de LA m'envoyait un texto et je voyais ca comme un signe du destin.
Elle aussi etait en pleine reconstruction d'elle meme , sortant du salon d'un tatoueur privatisé et nocturne pour l'occasion. Elle venait de se faire marquer la peau une nouvelle fois comme pour bien montrer au monde qu'elle tournait une page. J'en avais envie depuis des années de changer de peau, de changer de vie, de changer d'identité.
Un enchainement qui semblait perpetuel , juste le temps de passer dans mon si joli petit appartement pour jeter au sol la tenue de la journée et dechirer la housse de plastique qui recouvrait la tenue que la bonne avait ramené du pressing. Une sieste de vingt minutes histoire de recuperer et je devais me relancer, changer de look, raccrocher le sourire , jeter les invitations dans le sac et rappeller le taxi.
On faisait un jeu de piste geant avec nos Blackberry pour savoir qui allait voir quel designer et quelles etaient les soirées prevues. On se retrouvait autour d'un open bar et on se faisait un point rapide sur les ragots du jour. Un drink pour tous , de la coke pour certains et des amuse bouche en guise de diner. On sors assez peu du Triangle d'or et on execre tous la Rive Gauche.
Un soir on se retrouve dans un hotel particulier de la rue de Boetie où un couple de socialites british veulent etaler leur bonheur et leur fric.C'est bourré de cliché , les gens se font des sourires factices , ils essaient de networker malgré les mix des insupportables Putafranges qui nous balancent Blondie ou Pat Benatar toute les heures. Leur personnel philippin nous gave de nourriture et nos verres ont a peine le temps de se vider qu'ils nous reservent. Je m'isole un peu dans le grand jardin et gobe deux calmants derriere un arbre histoire de me detendre.
Je suis vite rattrapé par les autres qui me tirent par les bras pour m'entrainer dans la prochaine soirée , je n'entends pas ce qu'ils me disent , leur voix couverte par les beuglements d'un mauvais remix d'Apollonia 6.
Devant le club , on fend la foule agglutinée et on embrasse rapidement la videur avant de rejoindre le PR de la soirée qui nous accompagne a notre table. Deux trois flashs et un sourire pour Fashion TV et on s'effondre sur les banquettes en pouffant. Les bouteilles ne tardent pas et nous trinquons en renversant la moitié sur le sol. Personne n'y prete attention, les boissons nous sont offertes une fois de plus. Je fouille dans la poche de jean de J. et en extrait le poppers. Le flacon fait le tour de l'assemblée et finit sa course dans le seau a champagne. "C'est meilleur frais !! "dixit J. Et il a bien raison.
On se dandine sur de l'electro, un verre a la main , une cigarette aux levres, tout en riant des gens qui nous regardent les yeux remplis d'envie et de haine. On s'en fout , on continue de plus belle, comme des sales gosses. Une pute vient me voir "Fais semblant de me connaitre je t'en supplie... " me sussure t elle a l'oreille. Je lui fais un hug et lui demande ce qu'elle veux.
Elle est plus que jolie dans le style Tyra Banks a vingt ans , les cheveux joliement defrisés , trop d'eye liner et de gloss , une robe bustier Cavalli qui met en valeur sa poitrine fraichement refaite. "Je dois me taper le vieil allemand en costard gris la bas... T'as pas un peu de starter?" En jetant un bref coup d'oeil au teuton , je n'hesite pas et glisse deux cachets d'anti douleurs dans sa main manucurée. Elle me sourit tristement , epuisée par cette vie que je devinais. Elle se mis dans me bras et je lui glissais discretement le poppers pour qu'elle puisse s'evader le temps d'un flash.
Elle essaya de m'expliquer qu'elle voulait s'en sortir et qu'elle ne ferait pas ca toute sa vie. "On a tous du en passer par là, darling..." Elle caressa ma main avec tendresse et m'embrassa sur le front.
Elle a du rejoindre son allemand et lui faire croire qu'elle etait ivre de desir pour lui et moi je suis retourné a mon petit gang pour trinquer.
Encore une soirée de la mode, coincé entre Courtney Love plus liftée que jamais et Kanye West qui s'emmerdait sec. Je descendait verre sur verre , mon gigantesque sac Chanel effondré sur la banquette en python. J. dansait et draguait tant qu'il pouvait , le mec de Marc Jacobs deconnait avec moi sur le dernier Birtney que crachait les enceintes du club.
J'aimais bien ce coté decalé avec des mafieux russes , des putes en mal de clients fortunés , des modasses quemandant un open bar, les serveurs courant dans tout les sens pour satisafire notre alcoolisme sans faille. Irreel mais tellement delicieux.
Ne penser a rien a ce moment la , juste apprecier ce moment de futilité pur jus, et laisser le reste couler dans le caniveau. J'avais envie de faire l'amour mais pas la force de partir a la chasse , ca attendrait...
Comme d'habitude, impossible de trouver un taxi en ce samedi. J'appelle le numero d'abonné et une berline me retrouve quinze minutes plus tard en bas de l'immeuble. Je m'engouffre dans la voiture et essaye d'esquiver la conversation avec le chauffeur en repondant a mon portable qui vibrait en permanence.
Mes "amis" appelaient sans cesse pour me localiser et je repondais en laissant mes yeux deriver sur le paysage parisien. J'avais l'impression une fois de plus de trainer dans un musée poussiereux , sans eclat. Il s'arrette devant le bar où ils m'attendent tous. Ils s'exclament de mon nouveau sac Chanel, je glisse des bises furtives et prend mon role d'amuseur. Entre les verres vides, je depose deux bouteilles de poppers et ma carte Premier ce qui entraine une mini euphorie. Je ne suis pas dans le trip mais j'accroche le sourire adequat.
Je paie plusieurs tournée, mon argent etant la seule chose interessante a offrir, ils s'enivrent , rient fort et me tiennent par la taille. La soirée s'ecoule comme d'habitude et mes idées noires font du forcing dans ma petite comedie. Je tiens le choc malgré tout et essaie de m'amuser , dumoins qu'ils y croient. Premier club, crepitement de carte dorée , allers retours au bar , quelques pas de danse , deux trois gossip, un smack a une connaissance dont je ne me rappelle pas le nom , on me propose deux ou trois fois des extas "No thanx..."
Ennuyé au possible j'emmene la petite bande dans un autre club , le videur nous laisse partir a regret et nous lance un "A la semaine prochaine? ..." alors que nous fendons la foule de ceux qui font la queue depuis une heure. On eclate d'un rire vulgaire et C. mon assistante lui envoie un baiser sonore tandis que tous nous regardent avec mepris et aigreur.
On titube jusqu'au prochain club , le tshirt trop echancré et l'haleine lourde , la robe de C. est plus que transparente mais on rit des ses talons aiguilles qui manquent de se briser sur les pavés parisiens. Devant l'etablissement , meme scenario , une file d'attente de trois cent metres. Ils sont tous avec leurs sacs et leur veste fermée jusqu'au dernier bouton alors que J. offre ses nouveaux muscles dans un mini debardeur. La patron nous voit, nous embrasse avec trop d'entrain et nous rentrons sans attendre sous les murmures des malheureux qui se gelaient depuis une heure.
A l'interieur , systematiquement les meme chansons , la meme odeur , les meme clients , la meme conversation futile. Encore le bar , encore le poppers , ca ne s'arrete jamais.
On danse de facon trop lascive ,on passe pour des putes. Je m'en tape. J'essaie de ne pas penser. Cerveau en mode off.
Plus tard, attablés devant une enieme consommation , un jeune garcon se joint a notre table , ils est plus que mignon et mefait de grand sourires. Je ne m'attends a rien avec lui mais je gouterais bien ses levres roses.
Ce que je comprends peu de temps apres , c'est que les sourires et les regards brillants ne sont pas pour moi mais pour J. Comme d'habitude.
C. essaie tant bien que mal de me remonter le moral qu'elle sent vacillant en me disant qu'un jour ca sera mon tour, mais mon sourire automatisé ne la bluffe pas. Il est presque six heures et on redecolle.
Sur le chemin du retour , je ne dis presque rien , j'allume cigarette sur cigarette et me repasse dans la tete les moments heureux de ma vie. N'y arrivant pas , je dresse une liste mentale des gens qui pleureraient sincerement a mon enterrement.
Et ca me detend , je me dis que je suis aimé. Pas comme je le voudrais , pas comme il faudrait , mais au moins je suis aimé.