J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you"
Je mange : light
Je bois : du whisky-coca as usual....
Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton
Je pense : a la personne que je devrais etre
Je rêve : a la personne que je devrais devenir
(mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)

23/11/2007

23/11/07 - 23:40

Back home



Une poignet de billets froissés , un paquet de Marlboro eventré , des bijoux dans une coupelle chinoise, des recus de carte bleue et des cartes de visites eparpillées , le grand cendrier de cristal presque rempli, des boites d'allumettes a moitié vides, l'agenda de moleskine ouvert et recouvert de gribouillis et autres Post-it, des invitations a des cocktails sans interets , deux livres qui prennent la poussiere, des photophores dans lesquels dansent des bougies de couleur.

De retour enfin dans mon si joli petit appartement , je reprenais possession des lieux et j'appreciais les petites choses qui constituaient mon quotidien. J'avais passé la semaine a prendre soin de J. et de son coeur brisé, mais ce soir je me retrouvais face a moi meme, mes obssessions , mes manies , mes rituels.

Je me demandais ce que faisais mon ami du bout du monde a ce moment la....

20/11/2007

20/11/07 - 03:35

Im a puzzle indeed



J'enchainais les cigarettes depuis le lever et les megots s'entassaient dans le grand cendrier de cristal. Ma journée avait ete quasi silencieuse, ne brisant ma solitude que pour briefer mon assistante et reconforter J. apres une nouvelle rupture.
Je resistais tant bien que mal a l'appel de la bouteille de whisky qui tronait sur la cheminée de marbre du salon , en me persuadant que si j'y arrivais cette nuit, je pourrais y arriver demain. C'etait sans doute illusoire mais je voulais y croire.
Je savais pertinement que je passais en boucle les memes pensées et les memes douleurs. Psychotique en mode repeat.
Plus de dix ans de depression et pas l'ombre d'une amelioration , le Prozac a sans doute ses limites.... Je devrais peut etre doubler les doses.

Je me suis saisi de la bouteille de N°18 de Chanel et en ait un peu vaporisé sur mes poignets et en ai dispersé dans l'air autour de moi pour me reconforter. Cette odeur volatile sentait la poudre sur les joues de ma mere et me rappelait quand je blotissais ma tete dans son pull en cashmere les jours de chagrin, ce melange de tabac blond et de parfum entetant.

Je pensais beaucoup a elle, j'avais envie de revenir a mon enfance et de recommencer la où j'avais echoué. Same player shoot again.

J. me parlais me desintox, de mes addictions, de mon poid, de mes sautes d'humeur et j'envoyais tout ballader dans une volute de Marlboro. Il s'inquietait et ca se lisait sur son visage.
Moi aussi je m'inquietais je me regardais de haut, me demandant dans combien de temps l'elastique allait lacher et si j'arriverais a redresser la barre.


Mon ami du bout du monde me manquait. J'avais envie de le voir et de devenir super excentrique avec lui , un peu facon Amanda Lepore et Cazwell. Mais pour l instant un ocean nous separait et je devais faire avec...

Miss you pumpkin...

14/11/2007

14/11/07 - 02:42

Far from it



J'ai encore fui aujourd'hui. La tete trop lourde et le coeur trop felé, je me suis de nouveau enfermé en moi.
Pourtant j'avais aimé ce debut de journée glacée, serré contre F sur son Vespa traversant la capitale , riant de bon coeur et allant de mondanités matinales en rendez vous sans interet. Le Triangle d'Or etait de bonne composition ce matin mais je me sentais en decalage. Je n'arrivais pas a rattraper la balle au bond , toujours dix secondes de trop.
Je forcais le trait et accentuais le sourire mais rien ne semblait y faire. Mon ame se remplissait de noirceur et mes larmes commencaient a perler devant la boutique Gucci de la rue Royale. Je luttais vainement pour contenir le flot dans le barrage de mes paupieres et je mordais mon echarpe de cachemire pour ne pas m'effondrer en larmes devant tout le monde. J'ais alors plongé la main dans mon grand sac de cuir vernis et en ais sorti une immense paire de lunettes de soleil pour ne pas a avoir a affronter le regard des autres. J'ai vite arreté un taxi pour me refugier, je tentais de faire la conversation avec le chauffeur pour ne pas qu'il remarque les gouttes d'eau salée qui s'etaient echappées de mes verres trop fumés.

Une fois chez moi , je me suis jeté sur des calmants et un verre d'alcool, puis ais mis de coté mes habits de lumiere pour le confort de mes vieux cachemires qui sentait le parfum eventé et le tabac froid. J'avais besoin de me calmer , de trouver un peu de silence , un peu de solitude , un peu de quietude.
J'aurais aimé la chaleur d'une main sur ma nuque, d'un silence rassurant , d'un regard profond. Je n'avais que les reflets ambrés de mon verre de cristal posé sur la table basse du salon. Une enieme cigarette et off.

13/11/2007

13/11/07 - 02:16

The center of attention



Je vis en pointillé, le coeur a l'abandon, comme chantait ma nouvelle amie.Je rentrais en metro , les pieds meurtris par mes nouvelles boots en cuir vernis, les mains aggripées aux chaines de mon sac et j'osais a peine regarder les gens qui m'entouraient.
Je pensais a celui qui habitait a l'autre bout de la terre et dont j'avais pu entendre de nouveau la voix au telephone. Je l'avais ecouté avec plaisir , avec sa nouvelle intonation un peu plus anglophone et un peu plus mature. Je pensais a lui en passant en boucle Overpowered de Roisin Murphy dans le casque blanc.
Je pensais a M qui avait couché avec quelqu'un que je connaissais et qui lui avait parlé de moi pendant une bonne partie de la soirée avant de le baiser, j'aurais presque pu en etre flatté si je n'avais pas eté ecoeuré.
Je pensais a J. qui s'etait relancé dans une histoire et cela m inquietait parce que je ne supportais pas de le voir souffrir. Ca n'etait pas de la jalousie comme certains le pensaient mais plus comme une espece de sur-protection quasi maladive.
Je pensais aussi a N. qui allait retourner aux Usa pour y vivre et dont les nuit alcoolisées et les conversations incessantes sur le sens de la vie et la connerie des autres allaient me manquer terriblement.
Je pensais a ma famille que je voyais trop ou pas assez, a mon regime que je n'arrivais pas a suivre, a l'alcool que je n'arrivais pas a abandonner ni a apprecier reellement, a tout ces gens qui me bouffaient la vie,a mes crises d'insomnies, a toutes ces heures perdues, a ces cadeaux de Noel que je n'avais pas envie de faire, a tout ces cons qui me bouffaient l'oxygene, je pensais ,je pensais ,je pensais.
J'avais envie d'un disjoncteur et de dormir pendant trois heures.

06/11/2007

06/11/07 - 06:31

Step by step



J ai l’impression de devoir écrire jusqu'à ce que mes rétines ne soient complètement brulées par la lumière de l’écran plat. Je ressens cette espèce de bouillonnement intérieur, cette flamme que j’imaginais vacillante et qui grandis a chaque nuit solitaire.

Je sens qu’un cycle est en train de s’achever et que je vais devoir appréhender le nouveau, en définir le contour, deviner ses limites et envisager ses promesses. Mais je me sens bizarrement serein, un peu détaché des angoisses que je ressens habituellement.
L’alcool me fait de moins en moins envie et l’ivresse qu’il me procure est courte sans vrai rollercoaster. Je n’ai plus ce besoin si urgent de me jeter sur un verre, sans doute protégé dans ma tour d’ivoire, immergé dans le lit doucereux de la nuit bleutée, éloignée de la vie si aigre douce qui m’a tant fait verser de larmes.

J’attends que le jour se lève, comme un enfant le matin de Noel, pressé de m’offrir de nouveau a la réalité et de mettre a exécution tout ces projets qui se bousculent dans ma tète lors de ces heures solitaires.

Je commence aussi à mieux digérer cette solitude qui m’a tant dévoré, qui a bousillée une partie de ma post adolescence, a moins que je ne sois a peine en train de sortir de l adolescence.

Je renoue des liens avec ma sœur avec qui je n’avais échangé que quelques mots en huit ans bien que nous vivions à cinq cent mètres l’un de l’autre. Je me détache aussi un peu de ma mère que j’aime pourtant a la folie mais je sens que le cordon ombilical que je mâchouille sans relâche depuis si longtemps a besoin d’être coupé de façon délicate et pas tranché comme un barbare le ferait.
Besoin de m’affirmer ? Je ne le crois pas, j’ai déjà un univers riche et une personnalité complexe. J’ai plutôt besoin de m’envoler de mes propres ailes et je vais devoir apprendre à marcher sans béquilles.
Le chemin sera parsemé d’embuches et je m’écorcherais souvent les genoux. Mais au moins j’aurais la satisfaction de me dire que ces petites coupures sont a moi et a personne d’autre.


05/11/2007

05/11/07 - 05:57

I'm looking at you through the glass



La peur enfantine du noir etait la cause de mes recents troubles du sommeil. Par extension , la peur de la mort.
D'aussi loin que je me rappelle , j'ai toujours été assailli de reves angoissants peuplés de poursuites dans lesquelles j'etais la proie, traqué comme un animal sauvage lors d'une chasse a cour. Je revais sans cesse de meutriers deguisés en gens ordinaires, de bains de sang et de mort ineluctable.

C'est la premiere fois que je consigne ca , je n'en n'avais parlé auparavent a part quelques rares fois où je bredouillais quelques explications expurgées a me mere qui foncait dans ma chambre quand elle m'entendait de l'autre coté du duplex hurler comme un ecorché.
Mais toutes ces années, j'ai gardé au fond de moi ces nuits de cauchemar en technicolor, où j'essayais de sauver ma peau en voulant echapper a la vigilance de mes poursuivants, redoublant d'astuces et de ruses, nuits apres nuit , où je sentais la mort s'approcher de plus en plus.

La defonce avait ce superbe avantage de me faire sombrer et d'effacer toute proposition de reve ou de cauchemar et me laissait enfin un moment pour m'arreter de courir.
En y reflechissant bien ca n'etait pas la mort elle meme, le fait d'etre passé dans l'autre monde et d'affronter le jugement divin , qui me terrifiait, mais plutot l'infime moment qui separe les deux etats , ce moment unique où l'on sent que tout bascule et qu'il n'y a plus de retour possible en arriere.
La chose etait ineluctable, seul vraie egalité entre tous, mais j'etais effrayé de l'idée d'irreversibilité.

Et cette sensation , je l'avais touché du doigt pourtant , comme pour defier les lois immuables de l'ordre etabli. Lorsque je m'etouffais , prisonnier de mon propre corps en rebellion, que l'oedeme ne voulais pas se resorber et que je me retrouvais paralysé au fond de mon lit , le frond en sueur , me demandant si le filet d'air que j'absorbais avec peine serait le dernier. Et je me battais comme un diable pour avoir la chance de reprendre un souffle, de reprendre mon souffle.

Je m'effrondrerais sans doute aux premieres lueurs du jour, comme si le soleil avait le pouvoir de repousser mes assaillants, m'accordant un bref repit avant la prochaine confrontation.







04/11/2007

04/11/07 - 04:03

Heartburn



Les six heures devaient deja etre passées depuis un moment. Je serrais tant bien que mal ma veste en velours lisse , le Chanel cognant contre la hanche gauche et je tentais de me rechauffer en grillant une enieme cigarette.

Les talons de mes nouvelles boots en cuir vernis resonnaient sur le bitume parisien et la brume me faisait monter les larmes aux yeux. Les rues etaient quasi desertes a part et je ne trouvais pas de taxis comme a l'accoutumée.

J'avais passé la soirée a ecumer les bars et les clubs sans grandes convictions, a faire crepiter la carte dorée histoire d'abreuver mes "amis" , a faire rire l'assistance et a danser comme une pintade. Mais je ne m'etais pas amusé. J'avais simulé , comme a peu pres durant ma vie entiere.

J'avais regardé le ballet nuptial des garcons qui m'entouraient et cela me laissait de glace. Comme si j'avais finalement renoncé a toute relation sentimentale. Je balayais les lieux de mes yeux sans eclats , le sourcil perché et la levre boudeuse. Je faisais la conversation en pilotage automatique sans vraiment ecouter les reponses qu'on m'offrait.

Je me demandais quand je retrouverais mon ame....

02/11/2007

02/11/07 - 03:40

Maybe tomorrow



Ce soir, je me trouvais encore plus immonde qu'a l'habitude. Je laissais gentillement les lames de sclapel dans leur emballage sous vide , bien que mon envie de me tailler la peau me demangeait.

J'avais passé la journée a boulimier, effondré dans mon canapé a me gaver de gateaux, de biscuits aperitifs, de saumon fumé et d'apres peu pres tout ce qui etait comestible. Mes aspirations a une alimentation equilibrée disparaissait au fond de mon pot de Mont blanc saveur chocolat.

J'avais pourtant longuement disserté avec S. des nouveaux regimes a la mode, des pilules magiques mais legerement toxiques , des coachs et des anneaux gastriques. Ca m'avait reboosté sur le moment mais une journée seul enfermé dans mon si joli petit appartement avait tout reduit a neant. Au moins pour aujourd'hui.

Pourtant j'avais envie de perdre ces kilos (ou ces litres je ne savais plus trop) et de retrouver la silouhette longiligne que j'affichais quelques années auparavent. Et j'en avais plus que marre de me boudiner dans des vetements et de me retenir de fondre en larmes lorsque je cherchais a acquerir de nouvelles pieces. C'est peut etre pour ca que j'achetais sans cesse des sacs et des chaussures , histoire d'attirer l'attention sur autre chose que sur mon corps qui s'effondrais. Mon assistante me suivait dans les boutiques du Triangle d'Or , un peu atterée par mon shopping glouton.

Je tenterais encore demain...