J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you"
Je mange : light
Je bois : du whisky-coca as usual....
Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton
Je pense : a la personne que je devrais etre
Je rêve : a la personne que je devrais devenir
(mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)

16/01/2007

16/01/07 - 23:16

You burn me out but Im back at your door



Je n'aurais jamais du avoir l'insolence de monter sur la balance. J'etais tellement grisé par cette suite dans un palace parisien et cette salle de bain en marbre me poussait a toutes les esperances.

Lorsque j'ai vu le poids affiché , j'ai failli tourner de l'oeil. Je n'arrivais pas a croire le chiffre que me renvoyait cette machine. J'avais soudainement une envie de pleurer plus que violente, a un tel point que j'ai été obligé de sortir de la piece et de traverser la suite de 300 m² pour rejoindre la terrasse, histoire de souffler un peu.
Il fasait deja nuit et la vue panoramique ne faisait que renforcer mon blues.



Je regardais la ville du haut du septieme etage, et la Jardin des Tuileries s'etait deja vidé. Le manège etait encore allumé et tournait a vide. Pas un enfant pour rire ou tournoyer. Juste les arbres nus et les passants pressés.
J'avais froid dans mon debardeur Chanel. Je n'avais meme pas pris la peine de me couvrir , pressé de sortir au grand air avant de suffoquer.
Je me disais qu'un jour tout disparaitrais , tout cet amas de monuments aux volutes travaillées , aux rues alignées, tout ca finirait dans un chaos indescriptible.J'aurais voulu que ca arrive a ce moment.
Comme rien ne se passait j'essayais d'apprecier le calme de la ville, du ronron de la circulation ,des points luminuex qui venaient briser la nuit qui cherchait a s'installer. Tout semblait si simple sept etages plus bas. Comme un ballet parfaitement synchronisé.



Je savais que l'alcool etait le coupable a pointer du doigt, que je devrais me defaire de cette alliance nefaste mais je n'en avais pas la force. J'en avais trop besoin pour ne pas me briser comme un bibelot sur du carrelage trop froid.
Je n'arrivais pas a survivre sans substances pour me maintenir au dessus de l'eau , au dessus du lot. Et je me trouvais tellement pathetique d'en etre arriver la , moi qui me targuait d'avoir tenu tete a la cocaine , j'avais cédé devant la permiere bouteille qui passait.



Et j'avais beau passer mes journées dans des palaces, a me pavaner avec des vetements de grands couturiers et a recevoir des cadeaux et des flatteries par dizaine, je ne m'etais jamais senti aussi vide et inutile.



Une "amie" model au 34 parfait me parlait discretement de son secret de beauté ; des coupe-faim qu'elle faisait passer illegalement en Europe et qui avait une efficacité incroyable. Ces pilules miracles avaient non seulement le pouvoir magique d'effacer la sensation de faim mais en plus elles regulaient l'humeur.
Adieu kilos superflus et crises de larmes ! Bonjour taille de guepe et sourire beat!
Le seul inconvenient c'etait leur potentiel cancerigene et le risque d'accident cardiaque multiplié par dix. Elle ne me laissa meme pas le temps d'avoir une interrogation et me retorqua: "De toute facon, a 40 ans on est bon a mettre aux ordures... So why bother?"
Elle me tendit la main et deposa dans la mienne deux petites capsules bleu ciel. Elle me sourit et retourna se faire maquiller.

Je suis resté au moins dix minutes enfermé dans les toilettes , en regardant fixement ma main et les cachets aux vertues insensées.
Je les ais jeté a regret dans la cuvette et y ai laissé mes dernieres illusions de jeunesse eternelle.

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