Ma premiere gay pride , j'y suis allé quand j'avais 16 ans. Ma famille catholique et reactionnaire voyait d'un tres mauvais oeil la tournure que je semblais prendre , ne m'interessant pas du tout au filles ni au foot et preferant passer mon temps a dessiner et a rever a une vie de liberté.
J'habitais une petite ville dortoir de banlieue, j'allais dans une ecole catholique tres tradionnaliste et je ne comprenais pas pourquoi je preferais regarder les garcons qui suaient a grosses gouttes pendant le cours de sport , plutot que regarder les decolletés de la nuée de filles qui m'entourait.
Je pensais etre seul , je me demandais pourquoi je ne me sentais pas comme les autres et pourquoi le Seigneur m'imposait cette epreuve. Je pensais que je ne pourrais comprendre et encore moins vivre ce sentiment sourd en moi. Un jour , ma tante decide de me sortir de la celulle familiale où les choses se degradaient jour apres jour histoire de m'offrir un bol d'air frais.
Elle avait bien calculé son coup , ma chere tante revolutionnaire dans l'ame et anti conformiste. Par le plus grand des hasards nous nous sommes retrouvés a la terrasse d'un café place de la Bastille. A cote de nous que des garcons qui se tenaient la main , des filles aux seins piercés et des drag queens par centaines. La musique etait tellement forte que mes oreilles bourdonnaient. Ca sentait la joie de vivre , les rires et la revendication. Je ne savais pas trop ce que je devais penser de tout ca. Carnaval? Decadence? Je ne trouvais pas de reponses mais j avais un grand sourire aux levres.
Et ces gens qui etaient etalés sur les couverture de magazine , a grand renfort de maquillage outranciers et de costumes putassiers , je ne savais pas quoi en penser.
J'ai eu la chance de rencontrer des gens tres divers alors. Moi si timide , je me surprenais a sourire et meme a tenter de placer un bon mot. Des lesbiennes camionneuses a cheveux courts et debardeur blanc, des transexuelles en talon aiguille et mini jupe facon rue Saint Denis , des "folles" hurlantes à l'humour decapant , des pédés bourgeois avec la chemisette bleue et le pull noué sur les epaules qui etaint profs pour la plupart , des Gym queen hypra musclés qui offraient leur virilité exacerbés aux yeux gourmands des passants.
Et de mes discussions avec ces gens , d'ecouter leurs recits , de voir leurs differentes facon de vivre leur sexualité sans avoir a s'en cacher ou a se conformer a un moule a changer ma facon d'envisager les choses.
Je suis retourné a mon pavillion de banlieue, le coeur un peu plus leger. Avec la certitude que quelque soit la facon dont je choisirais de vivre ma vie , de facon heteronormée ou grande folle avec panache, je n'aurais jamais a me cacher ni a avoir honte de la personne que je serais.
Et cela m'a toujours aidé.
Je remercie les folles , les tapettes , les drag queens , les travesti amateur , les soeurs de la Perpetuelle Indulgence, les drag kings et autre personne qu'on stimagtise sur ce site depuis peu car elle font "mauvais genre".
Car ces personnes la m'ont donné ce que personne n'avait jamais fait avant : le sentiment que je valais quelque chose et que je ne devrais jamais personne me faire penser le contraire.
Le combat continue...
28/05/07 - 05:33
Yeah !
Toute cette histoire me ferait presque ressortir "let me be a drag queen", c'est dire !
lutinhysterik