Twillight in Paris
Je n arrive plus a ecrire, je suis comme asseche, vide de toute substance. Je ressens encore la melancolie persistante que je sentais depuis la fenetre de mon appartement du sud de Londres, lorsque j observais la vie s'ecouler dans l'immeuble d'en face. De voir leur quotidien si simple, si repetitif, si delicieusement ennuyeux. Je comprenais alors mieux ce spleen qui s'echappait des melodies d'Everything But The Girl. La ville transpirait la tristesse et a douce amertume.
Meme dans ces soirees privees que je parcourais en debutant, devenant par la meme occasion la nouvelle attraction avec mon accent trop nasal et mes bijoux trop chers, je ne me sentais pas vraiment a ma place. Pourtant mes nouvelles connaissances etaient flamboyantes, vibrantes, papillonnant d'un ancien peep show a un theatre du XIXeme, sous une cascade de rires et des decibels plein les tympans. Les nuits etaient interminables et remplies de decadence.
Puis j ai envie eu la chance de retourner dans le seul endroit que j aimais. New York.
S. m'avait envoye en douce un billet d avion pour que je sois le cadeau d'anniversaire surprise de N. Je ne l'avais pas revu depuis qu'elle etait retournee vivre aux Etats Unis et elle me manquait cruellement.
A peine descendu de l'avion , je sentais mon souffle plus regulier et le poids qui m oppressait depuis toutes ces annees semblait s'estomper dans le Holland Tunnel. Tout etait si famillier et en meme temps si extraordinaire. Je vibrais a chaque instant et je me sentais enfin vivant.
Et les jours suivants, une nouvelle energie me remplissait le corps, je ne ressentais plus la fatigue qui me terrassait au quotidien, ni les coups de poignards dans mon coeur et les cicatrices de mon ame semblaient doucement s'attenuer.
Le retour en France fut plus que difficile, je ne pouvais cesser de pleurer sur mon eden retrouvé puis perdu. Je ne trouvais gout a rien dans ce pays dans lequel j'avais pourtant vecu toute ma vie. Je sentais bien que ma place etait ailleurs et que je faisais fausse route. Et ce travail qui m avait fait tout quitter etait un fait une cage doree dans laquelle je m ennuyais fermement.
Depuis ce soir le champ des possibles est de nouveau sous mes yeux car mon contrat venait d'arriver a echeance avant terme et me rendait ainsi ma liberte. Avec un peu d'argent de cote, je pourrais sans doute retourner a New York, ne serait ce qu un mois , pour faire le point sur ma vie. Ou bien tenter de m'adapter ici et essayer enfin de vivre.