Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton
(mis à jour mercredi 21 janvier 2009 à 19:20)

28/11/2008

28/11/08 - 05:03

I'm a puzzle indeed



Deux jours a reprendre le cours de ma vie. De nouvelles seances photos, Metronomy a plein regime , des mannequins imbeciles (pleonasme?), des nuages de laque et des kilos de fond de teint : je retrouvais mon element.

Mon retour dans la capitale n'etait pas passé inapercu et les coups de fils ne cessaient de tomber. They want a piece of me. Perché dans la cabine de maquillage , je cachais derriere un portant blindé de robes hors de prix pour fumer une cigarette sans etre obligé de sortir dans le froid comme les autres. Ca faisait rire J. de me voir me comporter comme un ado de quinze ans dans les toilettes du lycee. J'ecoutais les compliments pleuvoir sur moi pendant que je tirais sur mon cancer-stick et pour une fois j'arrivais a les apprecier.

J. se moquais gentillement de ma repousse capillaire et que, par manque de temps ou de motivation, je n'avais pas eu le temps de les lisser. Mes cheveux reprenaient leurs droits et ondulaient librement comme a l'epoque où ils me fouettaient le milieu du dos. La seule difference etait cette abondance de fils blancs, rigides comme du crin, qui zebraient mon chatain habituel.
Je sentais que j'avais franchi un cap dans ma carriere, que j'etais plus respecté, peut etre le seul avantage de vieillir, et les assistants photographes avaient une espece de deference envers moi devant l'etalage de vetements couture que j'avais fourni. Mon nouvel agent me bichonnait comme une pouliche a un derby et ca commencait deja a jaser dans mon dos. Anyway, j'etais coutumier de la chose et je m'en foutais.

Entre deux images, J. me rejoignait pour se droguer gentillement dans le backstage et on pouffait sans retenue sous l'effet de la montée. C'etait agreable, c'etait leger.
Je redevenais un peu maitre de moi apres mon experience londonienne et je prouvais au microcosme et surtout a moi meme , que j'etais loin d'etre fini. Bien au contraire.

Douze heures de travail plus tard, je me retrouvais de nouveau dans une Mercedes noire qui me ramenait a mon si joli petit appartement et je ne desirais rien de plus que de m'effondrer dans mon canapé, une cigarette a la bouche et un whisky dans la main. Un texto de mon actrice me demandant de l'aider a repeter un role pour sa nouvelle carriere hollywoodienne finit par me rendre le sourire. Du moins provisoirement.
Mais c'etait toujours ca de pris...


25/11/2008

25/11/08 - 02:04

I don't need your sympathy




J'essayais tant bien que mal d'organiser quelque chose pour mes trente ans, une fete dont je pourrais me rappeller pendant longtemps et dont je regarderais les photos en gloussant dans quelques années. Je cherchais en vain un endroit pour faire cette soirée et les seules proposition qu'on me faisait etait dans des clubs trop connus ou dans des bouges immondes. Ca serait une grosse soirée avec des attachés de presse hysteriques,des mannequins alcooliques , quelques personnalités et mes amis proches. Meme mon ami du bout du monde devrait etre la et ca me rechauffait le coeur.

Il ne me restait qu'un mois et ca commencait a me travailler. J'allais passer le cap fatidique, ma date de fraicheur allait expirer et je ne pouvais rien y faire. La course contre le temps est forcement perdue d avance.
Pourtant je me rapprochais un peu de moi, mes cheveux repoussaient et je me jurais de ne plus les couper pour rentrer dans un moule quelconque ou pour plaire a quelqu'un. Je m'habituais a l'idée de ne jamais avoir de relations et de devoir vivre uniquement de mes amities et de ma carriere.

Cette derniere reprenait son essor apres mon echec londonnien, je decrochais de nouveaux clients et plutot prestigieux pour le coup. Cela me redonnait un peu de baume au coeur...

18/11/2008

18/11/08 - 06:53

Twillight in Paris




Je n arrive plus a ecrire, je suis comme asseche, vide de toute substance. Je ressens encore la melancolie persistante que je sentais depuis la fenetre de mon appartement du sud de Londres, lorsque j observais la vie s'ecouler dans l'immeuble d'en face. De voir leur quotidien si simple, si repetitif, si delicieusement ennuyeux. Je comprenais alors mieux ce spleen qui s'echappait des melodies d'Everything But The Girl. La ville transpirait la tristesse et a douce amertume.
Meme dans ces soirees privees que je parcourais en debutant, devenant par la meme occasion la nouvelle attraction avec mon accent trop nasal et mes bijoux trop chers, je ne me sentais pas vraiment a ma place. Pourtant mes nouvelles connaissances etaient flamboyantes, vibrantes, papillonnant d'un ancien peep show a un theatre du XIXeme, sous une cascade de rires et des decibels plein les tympans. Les nuits etaient interminables et remplies de decadence.

Puis j ai envie eu la chance de retourner dans le seul endroit que j aimais. New York.
S. m'avait envoye en douce un billet d avion pour que je sois le cadeau d'anniversaire surprise de N. Je ne l'avais pas revu depuis qu'elle etait retournee vivre aux Etats Unis et elle me manquait cruellement.
A peine descendu de l'avion , je sentais mon souffle plus regulier et le poids qui m oppressait depuis toutes ces annees semblait s'estomper dans le Holland Tunnel. Tout etait si famillier et en meme temps si extraordinaire. Je vibrais a chaque instant et je me sentais enfin vivant.
Et les jours suivants, une nouvelle energie me remplissait le corps, je ne ressentais plus la fatigue qui me terrassait au quotidien, ni les coups de poignards dans mon coeur et les cicatrices de mon ame semblaient doucement s'attenuer.

Le retour en France fut plus que difficile, je ne pouvais cesser de pleurer sur mon eden retrouvé puis perdu. Je ne trouvais gout a rien dans ce pays dans lequel j'avais pourtant vecu toute ma vie. Je sentais bien que ma place etait ailleurs et que je faisais fausse route. Et ce travail qui m avait fait tout quitter etait un fait une cage doree dans laquelle je m ennuyais fermement.

Depuis ce soir le champ des possibles est de nouveau sous mes yeux car mon contrat venait d'arriver a echeance avant terme et me rendait ainsi ma liberte. Avec un peu d'argent de cote, je pourrais sans doute retourner a New York, ne serait ce qu un mois , pour faire le point sur ma vie. Ou bien tenter de m'adapter ici et essayer enfin de vivre.