J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you"
Je mange : light
Je bois : du whisky-coca as usual....
Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton
Je pense : a la personne que je devrais etre
Je rêve : a la personne que je devrais devenir
(mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)

06/04/2008

06/04/08 - 21:02

Gotta learn to let go



Le coeur en berne et les paupieres lourdes de larmes, je m etais quand meme rendu a cette soiréeoù j allais encore une fois donner une representation de celui qui les gens attendaient pour egayer leur nuit. Un detour par l'immense appartement de J. pour regonfler mes batteries etait plus que necessaire. Il me permit meme de pleurer contre son epaule quelques instants, que j ai savouré comme une liberation.

Puis le spectacle devait reprendre. Un peu de poppers pour me detendre , deux cachets pour le gout et trois verres vites englouttis. La musique etait trop forte et trop conne mais ca nous aidait a nous mettre dans l ambiance. M., notre jolie amie lesbienne avait laissé un immonde blouson en cuir doré trainer sur l'immense canapé blanc et je l'avais enfilé pour amuser l assistance. Sous l'hilarité generale, je suis sorti comme ca, un peu de doré pour me rechauffer.

Dans ce bar de lesbiennes où l'on avait etabli notre QG depuis un petit moment, on detonnait avec la clientele habituelle. Des pédés surlookés , des filles feminines, des trans en transition, de la couleur , des paillettes, du bruit , du fric. Je naviguais entre les membres de notre gang avec les bouteilles trop cheres. On etait genants mais on etait regardés. J. flambait sa nouvelle carte gold et M. dansait en micro short et stilletos comme une stripteaseuse au milieu des lesbiennes a cheveux courts et vetements ternes.

Un couple fit son entrée au milieu de notre nuit debridée et je me suis retourné vers eux sans savoir pourquoi. Elle etait une lesbienne androgyne typique, le look calqué sur celui de Shane dans The L Word, rien de bien nouveau dans cet endroit. Mais lui c'etait autre chose. Je suis resté bloqué a le regarder, sans dire un mot.
Il etait d'une beauté rare, les traits definitivement slave, pommettes hautes et peau diaphane. Il avait un immense regard translucide logé dans ses yeux en amande. Ses cheveux blonds foncés etaient coupés de facon aleatoire et sa tenue n'avait rien d etudiée. Il semblait perdu dans cette furie d'alcool et de musique. Il m'adressa un timide sourire et destabilisé , je lui tournis immediatement le dos.

M. , malgré son taux d'alcoolemie elevé , se rendant compte de mon emoi face a ce garcon , se decida d'etre culottée et de les aborder. J'en etais rouge de confusion, m attendant encore une fois a etre rejeté ou ignoré. Lorsqu'ils nous rejoignirent a la table , j avais du mal a cacher ma gene devant la beauté insolente de ce garcon. Il etait encore plus beau assis a mes cotés , son accent russe ajoutait un peu de piment a son charisme. Je leur servais des verres tant bien que mal pour dissimuler mon emoi et M. faisait office de Monsieur Loyal. Il etait d'un charme dingue et je ne pouvais detacher mes yeux des siens quand il me parlait.

M. se saisit de mon appareil photo et decida de nous mitrailler tous. Elle insista pour avoir une photo de G., mon beau russe, et moi. Puis elle le defia de m'embrasser. J'etais plus que mal a l aise pensant qu il allait refuser poliement. Il coupa court aux suppliques de ma lesbienne et m embrassa avec passion. La tete me tournait , je ne savais pas si c'etait l'alcool , les drogues ou ses levres. M. exhultait et criait comme une forcenée sous les regards des mes amis medusés.

G. me dit qu'il n'avait pas envie de finir la nuit dans ce bar de nuit que mon gang allait envahir jusqu'a l'aube. Nous nous sommes eloignés discretement du bar et G. me passait la main autour de la taille se moquant gentillement du blouson doré que je portais. Un coup de fil rapide au numero d'abonné des taxis et cinq minutes plus tard , un Mercedes beige venait nous recuperer dans le froid de la nuit parisienne.

Il me serrait la jambe fermement dans la berline et je le sentais me desirant. Il regardait par la fenetre pour apercevoir les monuments eclairés et son sourire me faisait fondre. Il m'embrassait de temps en temps et le chauffeur faisait mine de ne pas nous voir. Paris me semblait terriblement romantique a ce moment la et je lachais prise , essayant de ne pas anticiper sur la suite des evenements.

Une fois dans mon appartement , il fumait une ciagrette bon marché , confortablement installé dans mon canapé et j'abandonnais mon beau slave pour une douche meritée. Sous le jet brulant je me debarbouillais de mes exces de la soirée et l humeur noire qui ne me quittait que rarement. La porte du pare douche s'ouvrit doucement et je sursautais en apercevant G. dans l'embrasure. Il etait completement nu , encore plus beau que precedement, ses yeux remplis de desir, son corps large et musclé, son ventre dessiné recouvert d'un mince duvet blond. Il etait plus beau que sa tenue ne le laissait deviner.

Il me rejoignit dans la petite cabine de douche et commenca a me caresser avec une douceur infinie. Le temps s'etait immobilisé et plus rien n 'existait que nos deux corps dans cet espace, que ses mains sur moi , que sa peau douce contre la mienne. Puis il sortit pour s'essuyer et m emmena vers ma chambre. A ce moment je fus pris de panique comprenant que je ne pouvais plus reculer , et je revis brievement ce qui m etait arrivé il y a quelques années. Ce viol qui m avait tant brisé et tant abimé, se presentait une fois de plus a mon esprit et me suppliquait de l'expedier loin de moi.

Mais cette fois ci , je me suis dit que je devais enfin passer au dela de tout ca, de ne pas laisser gagner celui qui m avait souillé et que je devais me respecter et me laisser le droit de vivre normalement. Je pris une grande respiration et accepta la main de G. qui m'invitait a le rejoindre dans mon grand lit. Liberé de mes peurs, je l ai laissé me toucher , son corps musculeux cognant contre le mien, je le sentais en moi , fort , puissant , mais tendre , genereux , sans desir de me voler , de me salir. C'etait une communion comme je ne pensais plus en connaitre, me laissant aller a l'onde de plaisir qui parcourait mon echine dorsale, me faisant cambrer de plus belle sous les attaques de son bassin. Le plaisir que j ai ressenti avec lui n avait aucune mesure avec le semblant d orgasme mecanique que j avais avec les autres , tous ces simulacres d'homme que je laissais abuser de moi , considerant que mon corps etait deja mort.

G. gardait ses yeux plantés des les miens , ebloui par ce qui se passait , me murmurait des phrases en russe que je ne comprenaient evidement pas, basculant sa tete en arriere pour prolonger le plaisir jusqu'a la jouissance incroyable , etourdissante, aveuglante.
Epuisé, il alluma une cigarette et passa de nouveau la main dans ses cheveux en bataille. Il me sourit et me dis qu il aimerait me revoir. Il tira une autre bouffée et me dis qu il revenait mardi a Paris.

J'ai allumé a mon tour une cigarette blonde et j ai levé mes yeux vers lui. Pourquoi pas mardi....

commentaires

07/04/08 - 07:25

Lucky bitch!

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