J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you"
Je mange : light
Je bois : du whisky-coca as usual....
Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton
Je pense : a la personne que je devrais etre
Je rêve : a la personne que je devrais devenir
(mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)

29/04/2008

29/04/08 - 03:34

Useless anyway



Il etait a peine sept heures du matin et la vie se reveillait peniblement dans le centre de Paris. Je quittais promptement l'appart de J. dans lequel j'avais sombré quelques heures auparavant. Ma peau etait encore plus translucide qu'a l'accoutumée et je semblais hors de propos au millieu des rares passants. Je remontais peniblement le col de ma veste etriquée pour cacher la nudité de mon cou. J'etais "Constant craving" de KD Lang en remontant la rue St Denis , tentant d'eviter les regards, les yeux rivés sur les pavés arrosés.

Ma demarche etait hesitante , mon corps encore rempli d'alcool et de drogues, et je descendait la rue comme je pouvais avec mon equilibre precaire , le Chanel surchargé d'un coté et une housse remplie de vetements de designer dans l'autre.
Ma silhouette noire se detachait nettement des immeubles grisatres et des rideaux de fer grossierement tagués. J'allumais de nouveau une cigarette juste pour le geste et pour la premiere bouffée. Le reste etait du decorum, de quoi me donner de la contenance. Le vent soufflait et je revais de rentrer.

Une voiture de police ralentit a coté de moi et je fis semblant de ne pas les voir , concentrer pour ne pas faire un malaise ethylique des le petit matin. Ils me regarderent brievement , me jugeant sans doute de drogué sans histoire et reprirent leur ronde tranquillement.

Je pensais a N. et ses sales nuits dans ce sordide club de striptease New-Yorkais, a mon ami du bout du monde dans sa nouvelle maison de San Francisco, a G. et son appartement de Moscou. Et pendant ce temps la je regardais mon reflet dans les vitres de la rame de metro. Un peu terne , un peu fade. Sans relief, sans energie.

Meme pas triste, meme pas mal. Juste un lendemain de defonce comme les autres, avec les remontées et les descentes vertigineuses. M. m'avait demandé la veille ce qu on ferait sans ca, comment on occuperait nos journées et nos soirées. On devrait affronter nos doutes et notre ennui face a ce monde sans grand interet , les rires ne seraient plus aussi souvent la, les absences plus douloureuses , la solitude plus violente.
Et on n'avait pas le courage de tout ca. En tout cas, je ne l avais pas. Alors je gommais chaque jour a coup d'artifices et de gelules multicolores.
Mais je ne m en plaignait pas en fait. Je constatais simplement , sans humeurs ni ressenti. Spectateur passif.

Well it's me and its my life...

commentaires

29/04/08 - 08:48

retourne en province. les mecs d'ici revent d'une vie comme la tienne et les parisiens revent de se refaire une santé. on s'y ennuie surement, il y a moins de choses a faire c'est vrai et tout y est moins speed moins glamour et moins bling bling comme ils disent. cependant le simple fait d'ecrire de cette facon et d'avoir le courage de le publier montrer que quelque part tu n'en peux plus de cette vie. cela denote une grandeur d'ame que tu as peut etre oublié de voir et par la de t'en servir pout avancer sans bequilles chimiques. je pense tout simplement que tu as besoin d'un gros calin. cherche donc le Vrai et arrete le Facile.

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