J'écoute : Madonna "Devil wouldn't recognize you"
Je mange : light
Je bois : du whisky-coca as usual....
Je cite : “I always say if I, you know, if I see something sagging, dragging or bagging, I’m going to go have it stuffed, tucked or plucked.” Dolly Parton
Je pense : a la personne que je devrais etre
Je rêve : a la personne que je devrais devenir
(mis à jour dimanche 20 avril 2008 à 19:16)

29/04/2008

29/04/08 - 16:56

I will run away



Je ne voulais pas lever les yeux, ne pas croiser leurs regards accusateurs. Mon uniforme sombre relevé a peine de grenat , j'essayais d'apaiser les voix dans ma tete avec un remix de Rufus Wainwright monté au maximum. J'avancais vite pour ne pas me meler aux gens. Ne pas les toucher, ne pas les voir.
En descendant la rue Cambon , je faisais mine de ne pas preter attention aux moqueries des cuisiniers du Ritz qui se poussaient du coude en voyant mon allure, j'enfoncais un peu plus les ecouteurs , a en avoir des saignements.

Finalement dans la boutique Chanel , je repris mon souffle et ma contenance, sachant que je m'offrais l'approbation de ces gens ; je savais leurs sourires factices, leur flatterie ecoeurante,leur courtoisie robotisée. Une vendeuse japonaise me reconnu et m'installa dans un grand fauteuil tapissé de tweed prune, delaissant au passage une cliente boudinée dans tailleur coordonné au mobilier. Elle m'apporta un coca light et me fit l'article, deposant devant moi les dernieres nouveautés a quatre chiffres, me complimentant sur ma nouvelle coupe de cheveux et sur ma veste de smoking. Je lui rendait ses sourires aussi contrefaits et entretenais une conversation legere. Les voix s'estompaient dans ma tete et je badinait pendant une dizaine de minute, esperant faire filer le temps.

Puis le telephone reprit ses vibrations et me ramena a la realité. Mon geniteur souhaitait me voir demain et la nausée me revint comme un boomerang en plein visage. J'ecourtais la conversation et fit signe a la vendeuse que j'avais choisi. Un sac en cuir matelassé et une chaine en or a breloques, ca serait parfait pour l anniversaire de ma mere. Elle sourit de plus belle pensant a sa commission sur les deux mille et quelques euros que j allais lacher d'une trait de plume. Elle partit avec les articles et je restais la devant le plasma geant qui projetait le dernier defilé. Le meme remix que j ecoutais dans mon Ipod se retrouvait craché par les enceintes de la boutique et cela me faisait legerement sourire.

Quelques minutes plus tard, elle revint avec un enorme sac de papier glacé parfumé au numero 22, et me glissa qu'elle m'avait commandé un taxi, comme selon mon habitude. Cette femme sembait se rappeller plus de moi que certaines personnes qui me cotoyaient au quotidien. A ce moment la , j'avais envie de la prendre dans mes bras et de lui faire un hug a l americaine. Elle m'adressa un geste de la tete a la japonaise et me raccompagna vers la porte d'entrée, devant laquelle la Mercedes beige patientait gentillement.

Je donnais l'adresse au chauffeur et remis les ecouteurs dans mes oreilles. Tout pour ne pas penser, pour ne pas laisser ces voix m'atteindre et me descendre. Quelque soit le prix.

commentaires

29/04/08 - 17:06

merci pour ce texte...

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